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 [Fin Mai, début Juin 2005] Sur le fil

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Ravenclaw ϟ Intelligence is surest

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MessageSujet: [Fin Mai, début Juin 2005] Sur le fil    Ven 27 Mai - 16:08





Sur le filJ'aimerais que nos corps soient désintégrés, qu'il n'en reste pas la moindre parcelle. Qu'une danse légère d'atomes qui virevolte dans l'espace. [ Antoni Casas Ros ] Inspirer, expirer. Derrière le rideau qui s'ouvrirait d'ici quelques minutes, la danseuse ferma les yeux et commença à étirer chaque partie de son corps afin d'éviter de se blesser. Sa première en solo qui avait eu lieu hier soir s'était parfaitement déroulée. Le public avait été étonné par la nouvelle proposition quelque peu exotique du Dice, mais une fois l'étonnement passé, le spectacle avait été grandement apprécié d'après les retours que la jeune femme avait eu.

Après avoir eu l'aval de Shawn, le patron du Dice, la danseuse avait tout organisé seule; du choix de la chanson ("Indian Electric" de Christian Auer) au choix du costume et du maquillage, en passant par la création de la chorégraphie. Elle avait travaillé durant un mois, pendant des soirées entières pour se préparer à la perfection. Des soirées et des nuits passées à orchestrer avec une précision extrême chaque mouvement, chaque déplacement. Planifier chaque tressaillement de muscle, assouplir et échauffer son corps au maximum. Les regards aussi elle les avait longuement répétés. Ils ne devaient pas être vulgaires, ni innocents comme ceux d'une petite fille. Sensuels, sombres, profonds, plus ou moins provocateurs selon le rythme de la musique; voilà comment ils devaient être pour provoquer les émotions recherchées chez les spectateurs.
Des nuits passées dans la salle-sur-demande transformée pour l'occasion en une salle d'entrainement comportant une véritable scène rien que pour elle. Et quelques retenues récoltées lorsqu'elle s'était fait attrapée par le concierge qui ne la croyait en rien lorsqu'elle prétendait être somnambule. Durant la période scolaire, la septième année ne se rendait au Dice que les vendredi, samedi et dimanche soirs. Elle participait à la plupart des danses de groupe des week-ends pour lesquelles elle ne disposait que de peu de temps pour assimiler les chorégraphies. Elle apprenait vite, mais heureusement qu' Amy était présente pour la coacher de façon intensive, corrigeant la moindre petite erreur. Son aînée était exigeante, mais même si elle n'était là que depuis début Mai 2005 - depuis un mois maintenant - la Serdaigle n'avait jamais ressenti aucune pression.

A son entrée au Dice, quelque chose s'était imposé à elle; il lui fallait un nom de scène afin de rester dans l'anonymat, du moins le plus longtemps possible. D'une part parce que son père, Andreas Hummels, n'aurait certainement pas apprécié que sa fille danse dans un endroit pareil, mais surtout, il n'aurait absolument pas apprécié le type de danse que la jeune femme proposait aux spectateurs. En effet, la culture du bellydance, ou même les fusions de danses qu'elle mettait en scène lui venait directement de sa mère Nila, danseuse orientale professionnelle, qu'il avait tuée. Depuis, la blonde avait fait en sorte qu'Andreas croit qu'elle avait renié ses origines maternelles, mais il n'en était rien. L'homme n'avait rien contre la danse, étant lui-même un excellent danseur en ce qui concernait les danses de salon telles que la valse viennoise, mais savoir que sa fille dansait de la même façon que sa mère lui ferait avoir des soupçons sur sa dévotion. Il y avait un monde entre la valse et le bellydance... Et même si elle était douée dans les deux, le préférence de la jeune femme allait sans conteste vers la seconde qu'elle jugeait plus libre, plus expressive et surtout plus vivante.
Longtemps, elle avait hésité entre deux noms; "Eden" et "Lazuli". Différents, chacun de ces prénoms possédait quelque chose d'unique aux yeux de la Serdaigle. Eden, avec ses tonalités européennes, faisait référence au paradis, à l'émerveillement que lui avait apporté l'univers de la danse, et au secret qu'elle devait conserver également. D'un autre côté, Lazuli ; prénom plutôt masculin, mais qui l'avait beaucoup attirée. En effet, il portait en lui les origines orientales qui lui étaient si chères et faisait référence à une chose précieuse ; une pierre aux teintes semblables à celles de ses yeux, seule chose qu'elle avait conservé de sa mère depuis sa métamorphose. Cet argument avait fait penché la balance vers la seconde proposition en rajoutant un "e" symbolique à la fin du prénom.

La danseuse ouvrit les yeux et capta le regard d'Amy qui l'encouragea en levant les pouces. C'était à elle. Lazulie entra en scène. Les projecteurs centrés sur elle l'empêchaient de distinguer parfaitement les personnes présentes, seuls les plus proches étaient visibles. La musique commença, et elle commença à bouger.

" Qu'est-ce qu'elle raconte ta danse ? " Cette question était le point de départ pour la jeune femme qui dansait depuis ses trois ans. Avant toute chose, la danse était un langage non verbal, une méta-communication pour Lazulie. Pour danser et faire voyager le public là où l'on désirait les emmener, il fallait avoir précédemment pensé les mouvements. Les pièces de sa ceinture cliquetaient au rythme des ondulations de ses hanches. Cette danse, Lazulie ne l'avait pas créée en toute innocence. Loin de là. "Idian électric", cette musique alliée à cette chorégraphie précise avait un but. Celui de dire sa révolte autrement que par des mots, de contrer le monde qui s'assombrissait avec les mois qui s'écoulaient. Lazulie était une partie de Téha. En réalité, elle représentait la vraie personne que la jeune femme s'efforçait de dissimuler aux yeux du monde entier. Cette danse était un combat, le sien, mais aussi celui de quiconque souhaiterait se l’approprier et le faire sien. Un coup de hanche pour son père, un mouvement d'épaules pour son frère, la danse entière pour l 'Aeternam Irae. Le corps pailleté parlait, même plus, déclamait, voire criait les paroles que la jeune femme ne pouvait pas prononcer tout haut. Hypnotiques ; tels étaient ses mouvements et son corps qui n'avait plus rien de celui d'une enfant. Lazulie le savait pertinemment et s'en servait pour transmettre les messages qu’elle souhaitait faire passer. Son ventre plat ondulait suivant les variations de rythme, les voiles de sa jupe fendue claquaient dans l'air, et les bijoux qui cliquetaient autour de ses chevilles participaient à la transe de la jeune femme. Ses longs cheveux argentés parsemés de paillettes étincelaient, tout comme ses yeux d'un bleu profond, comme ravivé d'un nouvel éclat. Enfin, elle s'exprimait pour celui ou celle qui saurait prêter assez d'attention pour l'entendre et l'écouter.

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Fallen Order ϟ Have courage

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MessageSujet: Re: [Fin Mai, début Juin 2005] Sur le fil    Mar 31 Mai - 20:11


31 Mai 2005

Le soleil brillait encore dans Pré-Au-Lard, alors que le barman prenait son service, ce jour-là. Sa journée avait été relativement tranquille. Malgré la guerre secrète entre le Fallen Order et l’Aeternam Irae, cette journée avait pour ainsi dire presque parue banale. Le jeune sorcier s’était occupé de son appartement, des différentes choses qu’il devait faire dans la journée, mais aussi passé du temps avec sa petite amie. En soi, si l’on ajoutait à ce programme une soirée de service au Dice, qui promettait logiquement d’être juste aussi rythmée que les précédentes, tout se déroulait comme sur du papier à musique.

Cela faisait maintenant un peu plus d’un mois que le MacCarthy travaillait au casino, et ce dernier avait pris ses marques par rapport à l’ensemble de l’équipe présente. Après tout, même si le jeune homme était plus expérimenté en tant que barman que certains de ses collègues, il fallait respecter le fait que ces derniers étaient présents avant lui, et que c’était lui qui s’intégrait à une équipe déjà formée. Cependant, cela s’était très bien passé. L’ancien Gryffondor avait prouvé que son poste dans l’endroit était bien le fait de ses qualités professionnelles, plus que de son lien privilégié avec Shawn, le patron de l’endroit. Son humour et sa bonne humeur avait fait le reste.

C’est ainsi que l’irlandais s’était fait sa place, s’habituant à voir chaque fois qu’il était de soirée, des spectacles de cabaret, ou du moins des morceaux de ces derniers, tout en répondant aux demandes des clients. Cela créait une ambiance particulière, bien différente de son précédent emploi, au Chaudron Baveur, mais qui était loin de lui déplaire. Force était de reconnaître que son ami et beau-frère était un excellent homme d’affaires et savait dénicher des perles rares, aussi bien dans les artistes qu’il pouvait inviter parfois, que dans le choix de ses propres danseuses et danseurs.

D’ailleurs, en parlant de ces derniers… les employés artistes de l’endroit ne manquait guère d’imagination, et d’envie, pour proposer des choses toujours nouvelles au public. C’est ainsi qu’en arrivant, Noah avait remarqué que le thème de ce soir serait le bellydance… Voilà une chose qui ne lui disait absolument rien… Même si à entendre les conversations de ses collègues présents la veille, le show était assuré par Téha, alias Lazulie sur scène. Eh bien, cela serait sans doute intéressant, au vu des quasi-éloges entendues dans quelques discussions.

Après avoir servi quelques clients, le jeune homme observa la scène, alors que la musique démarrait. Une musique qui avait des sonorités exotiques, faisant penser à l’Inde… Noah ne connaissait pas encore grand-chose de la jeune femme qui était à la fois une élève de Poudlard en Septième année, mais également l’une de ses collègues. Si ce n’était que cette dernière ne se révélait pas toujours facilement, et qu’elle semblait comme lui avoir des origines diverses. Un client, amateur et connaisseur de danse expliqua rapidement que le Bellydance était originaire d’Inde, et très connu là-bas. La jeune femme se déhanchait au son de la musique, semblant être transportée ailleurs tandis qu’elle exécutait son numéro.

A voir les réactions du public, soit émerveillé et silencieux, soit au contraire très enthousiaste, inutile d’être devin pour comprendre que ces derniers aimaient ce choix de danse pour le moins exotique. Tant de personnes étaient capables de se révéler sur une scène. De laisser passer tant d’émotions. Impossible de ne pas être sensible au combat mené par cette dernière, au fait que sa danse porte ses convictions. Le barman ne saurait trouver de mots assez forts pour qualifier cet ensemble, alors lorsque le dernier mouvement eut lieu, comme tant d’autres personnes, il applaudit à tout rompre, attendant la suite, tout en faisant son travail et en gardant un œil sur les différents clients.


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MessageSujet: Re: [Fin Mai, début Juin 2005] Sur le fil    Jeu 2 Juin - 2:37



Sur le fil


Jamais Antoine n’avait trouvé sa mission en Angleterre aussi peu intéressante et aussi rébarbative et dégradante qu’en cet instant. Lui, le Français, né avec une cuillère en argent la bouche, habitué à se rendre aux soirées de gala avec un smoking des plus charmants, au gilet et au nœud papillon blanc avec une paire de chaussures noires vernis, voilà qu’il se retrouvait dans un lien des plus glauques dans cette Angleterre arriérée et putride qu’était Pré-au-Lard. Le Dice comme l’appelait les gens n’était qu’un lieu de débauche, où les sorciers risquaient leur vie, leur honneur, leur dignité et leur argent : à la fois casino, bar, lieu de spectacle de charme, aucun élément de ce lieu n’aurait pu laisser présager qu’Antoine y serait un jour bien au contraire, il détestait ce genre de lieu de débauche. C’était vraiment le côté le plus répugnant qui existait dans sa fonction au sein de l’Aeternam Irae, les réuniosn secrètes dans des lieux incongrus comme celui-ci. Encore aujourd’hui, pour ne pas être vu, et pour bénéficier de la plus parfaite discrétion, le Ministre de la Magie, membre de l’Aeternam Irae, l’avait fait venir ici avec d’autres membres de la confrérie, pour mettre au point leur plan. Ils avaient pris place dans une salle à l’écart du reste des badauds, caché par un fin voile mauve transparente, les dissimulant dans une parfait obscurité grâce à un charme, mais leur permettant d’apprécier la vue des danseuses sur la scène. Antoine tentait de ne plus penser au dégoût que lui provoquait cet endroit pendant la réunion, et il sut le faire parfaitement, même lorsque les danseuses toutes plus vulgaires les unes que les autres s’enchaînaient sur la scène. Il les observait d’un coup d’œil rapide, sans vraiment y porter attention. En tout cas jusqu’à ce qu’Elle n’entre sur scène. De loin, sa silhouette sembla particulièrement familière à Antoine, et il se laissa prendre au piège de la musique et de la danse le temps de quelques instants, insuffisant pour perdre le fil de la conversation, mais suffisant pour confirmer ses soupçons.

La danseuse en train de se produire était fort jeune, à la peau blanche comme de l’albâtre, et aux cheveux d’un blond presque blanc à la lueur des projecteurs magiques autour de la scène. Elle jouait élégamment avec des voiles colorées jouant avec l’air, capturant la lumière, laissant à la vue de tous les hanches fines et vibrantes de la danseuse, seulement ceintes d’une fine ceinture de petites pièces dorées, chaque coup de bassin tressautant sur le rythme de la musique, le tout formant un ensemble hypnotique et terriblement exotique pour les attardés qu’étaient les Britanniques venant dans ce bouge infâme. La danseuse était jolie, et sa danse lancinante, enchanteresse. Antoine savait de quoi il s’agissait : de la belly-dance, cette danse typiquement indienne, aux consonances  orientales. Les clients avaient l’air ravis de cette nouveauté dans leur bar-casino-bordel préféré. Antoine aurait pu apprécié le sens symbolique de la danse et les mouvements grâcieux et élégants s’il n’y avait pas reconnu le corps gracile et fragile de Téha Hummels, cette même jeune fille avec qui il avait valsé il y a de cela moins d’un an, lors d’un bal organisé par son richissime de père, un collègue de l’Aeternam Irae. Une chose était sûre, le père devait tout méconnaitre de cette face chez sa fille. Il savait à quel point le patriarche avait brûlé tous les souvenirs de feu son épouse, une indienne justement. Voir sa fille dans ce lieu de débauche en train de danser comme sa mère l’avait sûrement fait à une époque, l’aurait sûrement choqué.

Antoine en tout cas lui l’était. Traditionnaliste, vieille France, et plutôt conservateur, il n’avait déjà que peu de sympathie pour ce lieu, encore moins pour ces danseuses à l’amour-propre terriblement bas, et y voir une de ses élèves, fille d’un de ses amis, avait fini de l’achever et de le mettre dans un état d’agacement certain. Le whisky pur feu qu’il avait commandé fut évacué très rapidement. Il avait complètement oublié ses collègues, et était obnubilé par la danse, non pas pour sa grâce mais pour son interprète. Son regard était de braise, et pourtant personne ne pouvait le voir. A la fin de la danse, alors que tout le monde applaudissait bruyamment la jeune fille, Antoine se leva, et après un rapide coup d’œil aux alentours suivit la jeune fille dans la loge des artistes. C’est après avoir bataillé avec les jupons de tulle, les corsets à paillette de fée et avoir croisé des artistes très peu vêtues qu’il trouva celle qu’il cherchait.

- Mlle Hummels ? J’ignorais que vous vous produisez « ici »….

Il avait dit ce dernier mot de manière dédaigneuse, son regard ne laissant planer aucun doute : il désapprouvait clairement ce qu’il avait vu.


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Ravenclaw ϟ Intelligence is surest

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MessageSujet: Re: [Fin Mai, début Juin 2005] Sur le fil    Ven 3 Juin - 20:42





Sur le filJ'aimerais que nos corps soient désintégrés, qu'il n'en reste pas la moindre parcelle. Qu'une danse légère d'atomes qui virevolte dans l'espace. [ Antoni Casas Ros ] Cela faisait presque deux ans qu' elle n' avait pas dansé de cette façon, deux ans qu'elle ne s' était plus exprimée ainsi, de manière aussi sincère et transparente. Comment avait-elle pu abandonner la danse si longtemps ? Lorsque Lazulie dansait, elle était enfin elle-même. Lorsqu'elle se mouvait avec grâce sur le devant de la scène sans avoir à se soucier de ce qu'elle laissait transparaître, elle était enfin libre. Bien que la jeune femme brillait dans les autres types de danse proposés par le cabaret, elle excellait par nature dans le bellydance qu' elle pratiquait depuis l'enfance. Pourtant, sa reprise était récente puisqu'elle ne datait que d' un peu plus d' un mois. A la mort de sa mère, sa métamorphose qu' elle ne parvenait toujours pas à expliquer et qui faisait partie des raisons l' amenant à passer des heures à la bibliothèque, l' avait ébranlée. Comment réussir à apprivoiser cette nouvelle image de soi, ce reflet qu' elle jugeait grotesque renvoyé par le miroir ? Quelle légitimité avait ce corps aux reflets ivoires et nacrés à se mouvoir sur de telles musiques ? Et cette crinière, qu' en dire ? Comment pouvait-elle encore faire le lien entre ses cheveux qui avaient été jadis d'un noir de jais, et ceux dont elle avait finalement hérité ? D' un blond argenté, parsemé de reflets dorés, ils tiraient davantage vers le blanc que vers le noir porté avec fierté durant seize années. Comment pouvait-elle ne serait-ce que songer à faire danser ce corps qui semblait tout droit sorti du moule paternel Hummels, sur des airs orientaux après ce qu' il s'était passé ? Impossible.

Après le décès de Nila, Téha s' était refermée sur elle-même et avait pris la décision d'arrêter de danser. Elle n'y parvenait plus. Cet arrêt brutal avait eu son lot de conséquences négatives, comme l’emmagasinement de rage, de désespoir ou même de peur, qu' elle ne pouvait plus projeter à l'extérieur. De ce fait, lorsque les émotions venaient à sortir d'elle, le plus souvent de manière incontrôlée, cela pouvait être réellement dangereux.
Lorsqu'elle s' était présentée devant Shawn Preston fin Avril, début Mai, cela avait été sous le coup d' une pulsion d'auto-conservation, d' un élan vital, d' un instinct irrépressible et bestial auquel elle n' avait pas pu opposer la moindre résistance. Pire que l'imperium. Elle avait choisi de vivre, certes, mais pour vivre, il fallait qu' elle danse. Pour vivre, les gens se devaient de respirer, manger, dormir, tandis que pour la jeune femme, il lui fallait danser. Pour elle, la vie et la danse étaient deux choses irrémédiablement liées, telles des équations symboliques. La danse reprise, les choses avaient commencé à s' améliorer même si ce n' était que légèrement. Renouer un lien avec son corps. Travail d' apprivoisement de soi. En reprenant contact avec ce qui la faisait vibrer, ce qui la faisait vivre, la Serdaigle avait pu reprendre contact avec la partie de sa mère toujours présente en elle.

Le sourire aux lèvres, Lazulie salua le public avant de se hâter pour rejoindre les loges. Elle traversa plusieurs couloirs étroits à la lumière tamisée, évitant habilement les jupes de tulle et les corsets que certaines artistes avaient abandonné à la hâte en se changeant entre deux danses et croisa les filles assurant le show suivant, qui la félicitèrent pour sa performance. Elle les remercia vivement et entra dans la loge commune désertée par ses collègues qui montaient sur scène pour une danse collective. Face à son reflet, un sourire naquit sur ses lèvres rosées. Finalement, après réflexion, le mélange était intéressant, voire... grisant. Il y avait une sorte de provocation insolente. Elle imposait à un corps Hummels de se mouvoir sur ce type de danse. Provocation délibérée, accompagnée de douces effluves de vengeance. Humiliation de son père, majeur joliment dressé face à l' Aeternam Irae.
Reprenant son souffle, la danseuse avala une gorgée d'eau de la bouteille portée à cet effet. Ramenant ses longues boucles aux reflets argentés sur son épaule droite, Lazulie s’apprêtait à retirer le soutien-gorge qui recouvrait sa poitrine lorsqu'une voix familière lui fit suspendre son geste.

« Mlle Hummels ? J’ignorais que vous vous produisez « ici »…. »

Cette voix... Non, impossible. Elle devait sûrement se tromper, ce n'était absolument pas son type d'endroit. Vivement, la jeune femme se retourna pour voir avec horreur ses craintes se confirmer lorsque ses prunelles bleutées se heurtèrent avec fracas aux yeux sombres de l'homme qui venait d' entrer dans la loge. Devant elle se tenait LA personne avec laquelle elle partageait la relation la plus ambiguë de son répertoire. La personne la plus à même de la provoquer, tout en prenant soin de la mettre mal à l'aise. Antoine Qvist. Pendant un bref instant, sous le coup de la surprise et de l' horreur de la vision, la Serdaigle ne put prononcer un mot. Trop de choses se bousculaient dans sa tête. Téha remplaça Lazulie au pied levé.

« Antoine, j' ignorais également que vous aviez l' habitude, ou l' audace, de venir "ici" comme vous dîtes. » , répondit-elle en usant en miroir du même ton que son directeur de maison.

Il avait fallu que ce soit lui... Par Merlin que la vie était cruelle ! Lui, l'homme qu' elle se refusait à appeler " professeur " ou " monsieur ", même lors de ses cours, depuis qu' elle avait partagé plusieurs danses avec lui lors d'une soirée mondaine organisée par son père. Lui accorder le statut de professeur face à ses remarques plus ou moins douteuses, à ses petites piques implicites, revenait à le laisser gagner, aussi Téha lui avait toujours tenu tête.
A en juger par le ton dédaigneux qu' il avait employé, leur échange promettait des merveilles. D' un geste qui se voulait dégagé, la jeune femme reprit une gorgée d'eau pour tenter de se donner contenance. Une danse improvisée s'imposait à elle. Danse avec le démon. Comment être et en rester la meneuse ? Téha réfléchit à grande vitesse ; réflexe typique d' une Serdaigle. Toujours réfléchir avant d'ouvrir la bouche ; son professeur pouvait être fier d' elle. Si Antoine était ici, il devait y être obligé à en juger notamment par son ton employé. Etre " ici " revenait pour lui à être à un endroit dégradant, aussi n' aimerait-il certainement pas que les gens de Poudlard soient au courant. Botte secrète à garder sous le pied.

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Fallen Order ϟ Have courage

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MessageSujet: Re: [Fin Mai, début Juin 2005] Sur le fil    Sam 4 Juin - 13:01


Le choix de la danse… Depuis son arrivée ici, un peu plus d’un mois auparavant, Noah avait vu bien des spectacles se dérouler, et différents types de danse s’enchainer. Après tout, la partie cabaret était faite pour ça, le plaisir des yeux et des oreilles des clients. Tout pouvait se passer sur cette scène, aussi bien des spectacles relativement rock, voire métal, aux choses plus classiques. Puis parfois venait au milieu de ces éléments qui étaient des classiques de l’endroit une perle rare, ressortant complètement soit à cause de ses interprètes, soit à cause de la danse exécutée. L’élément présenté ce soir par Lazulie rejoignait ces deux points.

Le Bellydance était quelque chose d’encore peu connu ici, sur les terres écossaises. Alors cela ne pouvait que forcément attirer le regard, de par l’interrogation provoquée dans le public, mais aussi les transporter, de par son exotisme. Cela ajouté au corps de Téha, qui ne dénotait en rien de potentielles attaches avec l’Inde amenait à un cocktail des plus intrigants, amenant énormément de monde à s’interroger et donc à y montrer plus qu’un intérêt relatif. A la fin de la danse, les applaudissements furent nombreux et nourris pour la jeune femme, qui s’était révélée excellente.

Noah était en train de finir de servir des clients venus au bar pour commander quelques boissons simples de préparation, à l’exemple de whisky pur feu, lorsqu’il remarqua quelque chose… Un client qui sortait d’une zone plutôt dans l’ombre à l’origine, l’un des endroits les plus discrets de la salle, qui traversa l’ensemble des tables pour se diriger vers le coin opposé de la salle. En temps normal, cela n’aurait sans doute pas plus que cela attiré son attention, surtout que des clients se déplaçant, il y en avait plus d’un dans l’endroit… Mais quelque chose, dans son attitude, son rythme de marche, ou la détermination que ce dernier y mettait, l’amena à s’interroger. D’autant plus que la direction pouvait mener à la loge des artistes.

S’inquiéter ne servait à rien, logiquement, un agent de sécurité était supposé se trouver juste à côté de l’entrée des loges pour empêcher tout et n’importe qui n’appartenant pas au staff du Dice d’y entrer et l’homme allait réapparaître dans son champ de vision d’ici quelques secondes à peine. Lorsque ce ne fut pas le cas, Noah fit signe à l’une de ses collègues, Ariana, qu’il prenait une pause, ce que lui ne faisait au final que rarement, et se lança dans la même direction. Quelque chose n’allait pas.

Le MacCarthy commença donc à se diriger lui aussi vers l’endroit, et vérifia la présence de sa baguette dans son veston. L’un des avantages du travail au Dice était que les clients étaient obligés de laisser leurs baguettes à l’entrée, pour éviter aussi bien les risques de triche, que les conflits se réglant potentiellement à coup de magie. Seulement les êtres humains n’avaient guère besoin de cela pour faire du mal les uns aux autres. Il suffisait de voir comment les moldus étaient capables d’agir entre eux pour le savoir.

La baguette à la main, le barman commença à éviter lui aussi discrètement dans les loges, évitant les différents accessoires utilisés par certaines danseuses au cours de leurs différents shows. Ce fut une voix qui le dirigea et il se stoppa à proximité lorsqu’il entendit la voix de Téha prononcer le prénom Antoine. Sans doute celui de l’homme entré, qui ne devait guère apprécier l’endroit, vu la formulation de la phrase. Pourquoi était-il ici alors ? Cela avait-il un lien direct avec la jeune femme ? Ce qui était certain, c’est que les deux se connaissaient. Il lui fallait cependant plus d’informations avant de pouvoir agir. Après tout, même dissimulé comme il l’était derrière un rideau, il ne lui faudrait guère plus de deux secondes pour les rejoindre et mettre en joue la personne qui n’avait rien à faire là.

Shawn n’était pas présent pour le moment, puisque parti voir un fournisseur qui essayait de faire payer le Dice plus cher que les prix du marché pour certains produits. C’était donc à lui de s’assurer que tout se passait bien, avec les autres. Noah ignorait où était passé Luke, qui ce soir était censé assurer la sécurité des danseuses, mais il savait déjà où finirait ce dernier le lendemain après cette erreur qui n’était ni plus ni moins qu’un abandon de poste : au chômage. Autant se concentrer pour le moment cependant sur les échanges entre Téha et Antoine….


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Teacher & co ϟ Docendo discimus

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MessageSujet: Re: [Fin Mai, début Juin 2005] Sur le fil    Mer 8 Juin - 1:14



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Impertinence. Insolence. Aucune dignité. Voilà les mots qui résonnaient dans l’esprit d’Antoine au moment où il était entré dans ces murs, et le spectacle qu’il avait vu avait fini de l’en convaincre. Même si la plus grande surprise avait été de découvrir la jeune Hummels en train de se dandiner comme une femme de mauvaise vie indienne sur des airs exotiques à la vue de sorciers tous plus pervers les uns que les autres. En soi, il n’en avait rien à faire de cette Hummels, son père essayait tant bien que mal de garder les apparences mais personne n’était dupe et tout le monde se doutait qu’il y avait anguille sous roche. Mais pour sûr, il n’apprécierait pas de savoir que sa fille se trouve dans un tel lieu pour de telles raisons. Pourquoi Antoine avait-il suivi la jeune fille jusque dans les loges, alors qu’il aurait pu la mettre devant le fait accompli à la fin d’un cours ou mieux prévenir le paternel sans en informer la jeune fille ? Bonne question. Mais toujours est-il qu’il l’avait fait. Il tenait en effet là un moyen de pression sur la jeune fille. Cette jeune demoiselle avec qui il avait déjà dansé à de très nombreuses reprises était ce soir totalement différente. Mais elle gardait toujours cette même insolence. Certes il avait eu un ton réprobateur et moralisateur, mais rien ne lui permettait de répondre de manière aussi éhontée.

« Antoine, j' ignorais également que vous aviez l' habitude, ou l' audace, de venir "ici" comme vous dîtes. »

Elle l’appelait par son prénom. Un manque total de décence, de respect et de politesse. Pourtant son père était totalement différent, très attaché aux principes et aux règles. Comment pouvait-elle être si différente de son père. C’était comme le jour et la nuit. Il en était de même avec son frère, Aloïs, qui était bien plus convenable et respectueux que cette jeune fille. Le sang d’Antoine ne fit bien évident qu’un tour, mais il savait rester diplomate comme tout bon français sans montrer sa colère. Il méritait amplement son surnom de Marteau au sein de l’Aeternam Irae. Il répondit alors d’une voix sereine mais ferme, sans aucun accent de colère :

- Mlle Hummels, n’oubliez pas que je suis votre professeur, et même si nous ne sommes pas dans l’enceinte de l’école, je vous prierai de bien vouloir vous adresser à moi par Professeur Qvist, ou Monsieur Qvist. Je pense que c’est un minimum. Votre père a bien dû vous apprendre de telles choses j’imagine, votre frère a apparemment bien mieux retenu ses leçons que vous. Votre pauvre père… Vous souhaitez ainsi faire porter la honte sur votre nom ? Cela ne m’étonnerait pas tant que cela d’après votre manière d’agir ce soir. Une honte pour une sorcière d’un rang tel que le vôtre.


Il ne souhaitait pas en soi faire sortir la jeune fille de ses gonds, mais il était quelqu’un de très franc, et s’il pouvait contribuer à remettre dans le droit chemin une jeune fille de bonne famille, il n’y manquerait pas. Les jeunes femmes de sang pur comme Téha se devaient d’être obéissantes, elles étaient promises à devenir de parfaites épouses pour d’autres sorciers de sang-pur, ainsi devait se perpétuer la pureté du Sang, c’était la tradition. Mais quel Sang Pur sain d’esprit accepterait de prendre pour épouse une effrontée telle qu’elle, qui osait se produire en si petite tenue dans un cabaret de seconde zone, quel sorcier sain d’esprit accepterait de demander la main à une créature dont le corps aura été vu par des dizaines de paires d’yeux pervers et scabreux ? Aucun, sans aucun doute. Heureusement encore une fois que le jeune Aloïs était là, mais il ne suffirait pas à effacer la tare de sa sœur. La jeune fille prit une gorgée d’eau pour se donner une certaine contenance mais elle ne bernait personne et surtout pas Antoine. Il avait beau être à la base un parfait Occlumens, il savait lire le langage du corps et le sien trahissait une tension électrique. Tout comme il ne lui fallait pas être voyant pour s’apercevoir que le rideau derrière lui bouger étrangement. Instinctivement, il porta sa main vers sa baguette. Oui, je sais, vous me direz que par mesure de sécurité les sorciers n’ont pas le droit d’avoir leur baguette dans ce lieu. Mais pourquoi Antoine s’inquiéterait-il des règles ? Il était de l’Aeternam Irae et était ici pour discuter justement avec des personnes haut placées, dont le Ministre de la Magie en personne. Un léger sortilège de confusion avait suffi à détourner l’attention du garde à l’entrée et de passer sans contrôle.  La baguette qu’Antoine avait remis était d’ailleurs factice, gardant la vraie sur lui, au cas où. Il fallait toujours être prudent dans ce genre de bouge infâme.

- Je vous prie mon ami, qui que vous soyez sortez donc de ce rideau, je déteste être écouté sans voir qui m’écoute. Vous m’accorderez bien cette politesse n’est-ce pas ?  




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Ravenclaw ϟ Intelligence is surest

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MessageSujet: Re: [Fin Mai, début Juin 2005] Sur le fil    Sam 18 Juin - 12:26





Sur le filJ'aimerais que nos corps soient désintégrés, qu'il n'en reste pas la moindre parcelle. Qu'une danse légère d'atomes qui virevolte dans l'espace. [ Antoni Casas Ros ] « Mlle Hummels, n’oubliez pas que je suis votre professeur, et même si nous ne sommes pas dans l’enceinte de l’école, je vous prierai de bien vouloir vous adresser à moi par Professeur Qvist, ou Monsieur Qvist. Je pense que c’est un minimum. Votre père a bien dû vous apprendre de telles choses j’imagine, votre frère a apparemment bien mieux retenu ses leçons que vous. Votre pauvre père… Vous souhaitez ainsi faire porter la honte sur votre nom ? Cela ne m’étonnerait pas tant que cela d’après votre manière d’agir ce soir. Une honte pour une sorcière d’un rang tel que le vôtre. »

La jeune femme croisa les bras sur sa poitrine sans lâcher son professeur de son regard bleuté. Le plus difficile avec Antoine, était de savoir - et c'était le cas de le dire - sur quel pied danser. Elle avait remarqué que l'humeur du sorcier en sa présence, avait largement tendance à fluctuer selon le pied duquel il s'était levé. L'homme avait la particularité de ne pas être vraiment constant dans sa façon d'interagir avec elle, ce qui était assez perturbant en soi. Impossible d'anticiper ses réactions, ses petites piques, ou ses remarques. Un jour il était plutôt dans un jeu pervers mêlant séduction malsaine et provocation, et le lendemain la Serdaigle avait l'honneur d'être confrontée à une facette beaucoup plus sombre ; une facette mélangeant froideur, provocation et autorité. Celle qu'il semblait avoir décidé de revêtir ce soir. Difficile à gérer.

Lorsqu'elle avait dansé avec lui pour la première fois, Antoine avait géré à merveille le jeu de la séduction ; ni trop, ni pas assez. En soi, il s'était montré tout à fait charmant, sans aucune once de provocation, à un tel point que la jeune femme s'était surprise à apprécier les danses qu'ils avaient partagé cette soirée là, en oubliant que son cavalier était un ami de son père. Envoûtants, délicats, tels avaient été ses mouvements et ses gestes à son égard. Sa conversation s'était révélée riche, et tout aussi intéressante que ses yeux. Toutefois, le charme s'était rompu après la soirée, lorsque la jeune fille s'était retrouvée seule dans sa chambre, livrée à ses pensées culpabilisantes et que le recul lui avait fait retrouver la raison. Il l'avait bien eue. Le maudissant de tout son être, elle avait alors pris conscience du fait qu' elle avait été faible, telle une marionnette. Il avait été le seul ayant accompli cet exploit de lui faire oublier son affiliation à Andreas.

Lorsqu'elle l'avait retrouvé en cours, le choc avait été intense. Non seulement il s'était bien gardé de lui confier qu'il enseignait à Poudlard, mais en plus, quelle chance y-avait-il pour qu'elle soit répartie au sein de sa maison ? En y réfléchissant, peut-être y avait-il plus de similitudes en eux qu'il n'y paraissait au premier regard. La réflexion, l'intelligence, le goût pour l'apprentissage et le savoir peut-être ? La volonté de contrôler par les connaissances. La manipulation. Si ses aspects pouvaient en effet les réunir, d'autres en revanche, les éloignait aux antipodes. Ces aspects lui étaient apparus durant les cours d'Antoine. Il possédait en lui quelque chose de dérangeant ; une inconstance au vu des facettes qu'il pouvait revêtir, une contradiction démontrant en partie qu'elle n'était pas la seule à porter un masque. Un rictus néfaste, de la provocation gratuite.

Téha prit soudain conscience qu'elle s'était développée en miroir à Antoine. Involontairement, il l'avait aidée à développer ce côté qu'il s'évertuait à critiquer mais qu'il possédait en lui. Il était le seul avec qui la jeune fille se laissait aller à répondre sur le même ton. Il la provoquait, elle le provoquait notamment en l'appelant par son prénom même au sein de l'école, ce qui comme d'habitude le dérangeait outre mesure. La première remarque de l'homme, bien que poliment formulée, ne l'avait pas trompée. Elle transpirait le dédain, et par conséquent l'irrespect. Si la forme avait été correcte, le fond lui l'avait été beaucoup moins. Au final, cette dualité fond-forme représentait Antoine lui-même. Afin d'éviter de paraître insolente, la jeune femme s'efforça d'employer un ton poli.

« Ne soyez pas surpris Antoine, que je ne parvienne pas à vous appeler " Monsieur " après que nous ayons partagé ces danses l'été dernier. Si mes souvenirs sont bons, vous vous étiez bien gardé de vous présenter comme " Monsieur Qvist " et de mentionner que vous seriez amené à être mon professeur. »

La jeune femme pouvait comprendre que la découvrir dans un tout autre univers pouvait surprendre - on était en effet bien loin de l'univers classique de la danse de salon et des manières chères à son père, mais de là à la juger et l'attaquer ainsi gratuitement, il y avait tout un monde.

« Ne pensez pas qu'il s'agit là d'un manque de manières ou de respect. Disons qu'il s'agit de la juste conséquence de ce que vous et Père avez instauré. Vous saviez que nous serions amenés à nous revoir dans un contexte scolaire, et vous n'en avez rien laissé paraître. »

Il osait évoquer Aloïs, qu'elle avait par ailleurs rencontré à cette même soirée. La rencontre entre le demi-frère et la demie-sœur ne s'était pas vraiment bien déroulée. Pour les deux, le choc avait été rude. Leur ressemblance était telle qu'elle était dérangeante pour les deux ; mêmes prunelles bleutées, même chevelure aux reflets argentés, même bouche bien dessinée...

« Aloïs est mon demi-frère. Mes " leçons " comme vous dîtes, ont été parfaitement intégrées - et ce de la plus violente des façons puisqu' Andreas avait été jusqu'à tuer sa mère, je me contente d'agir de la même façon que vous. Vous m'attaquez en me critiquant implicitement, comment pensiez-vous que je réagirai ? Etre une fille au sang-pur de bonne famille ne signifie pas pour autant être dépourvue du moindre caractère. »

Au fur et à mesure qu'elle parlait, même si son ton restait pour le moment posé et contrôlable, Téha sentait que le sang circulant dans ses veines commençait à bouillir et que l’afflux commençait à s’accélérer. Il fallait qu'elle se calme. Son accent qu' Antoine avait trouvé charmant l'été dernier, commençait à ressortir de manière inquiétante. Ce dernier osait lui cracher au visage qu'elle portait la honte sur sa famille ? Mais voyons, comme si celle-ci avait besoin de son aide pour cela ! Les Hummels et leurs principes lui donnaient envie de vomir.

« La danse que vous critiquez, n'est pas vulgaire. Elle peut l'être si la personne qui l’exécute s'en sert dans cet esprit, ce qui n'est pas mon cas. Vous ne parvenez pas à la comprendre car vous n'avez prêté attention qu'au superficiel, sans aller en profondeur. Chaque mouvement a un but. Inversez un geste, oubliez-en un, et la danse n'a plus le même sens. Vos yeux ont perçu la même chose que l'homme ivre en bas à gauche de la scène. Vous n'avez pas été capable d'accéder au cœur de la danse et vous insultez de manière plus ou moins implicite, à la fois le lieu, ma danse et moi-même. »

Néanmoins, même si Antoine avait été sourd à la danse, il ne fallait pas qu'Andreas soit mis au courant. Comment s'y prendre ? Le cœur de la septième année se serra tandis qu'une boule se formait lentement dans sa gorge. Elle n'en avait strictement aucune idée. Etre redevable à Antoine ? Cette idée lui donnait envie de s'enfuir en courant. Soudain, le français porta la main dans sa poche intérieure. Avait-il conservé sa baguette ? Cela n'étonnerait pas la jeune femme qui commençait à saisir quelques bribes, vagues esquisses, du fonctionnement de son professeur. Toutefois, lorsqu'il parla, ce ne fut cette fois pas à elle qu'il s'adressa:

« Je vous prie mon ami, qui que vous soyez sortez donc de ce rideau, je déteste être écouté sans voir qui m’écoute. Vous m’accorderez bien cette politesse n’est-ce pas ? »

Spoiler:
 

©️ 2981 12289 0

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Fallen Order ϟ Have courage

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MessageSujet: Re: [Fin Mai, début Juin 2005] Sur le fil    Mer 22 Juin - 19:56

Assurer la sécurité du personnel. Cette tâche, bien que souvent oubliée, faisait aussi parti de ce que l’on pouvait demander à un dirigeant, que ce soit dans une école, ou dans un casino. Certes, pour assurer le calme et la tranquillité d’esprit, des personnes entrainées pour faire face à ce type de situation étaient assez souvent embauchées. Ces dernières étaient là pour dissuader les gens de faire des idioties, que ce soit grâce à leur physique imposant, ou bien par le charisme qui se dégageait d’eux. Seulement, dans un monde où la magie est omniprésente, le risque peut prendre bien des apparences. A commencer par celle du manque de rigueur. Noah avait compris que quelque chose clochait, dès que l’homme avait passé plus de quelques secondes au niveau de la zone menant aux loges.

Certaines personnes avaient tentées précédemment de se rapprocher des danseuses, emportées par l’audace conférée par l’heure tardive ou l’alcool, voire les deux. Toutes s’étaient retrouvées dehors avant de pouvoir commencer à comprendre ce qui venait de se passer. Baguette sortie dès son entrée dans le backstage, Noah s’était fait aussi discret que possible. Son objectif était de saisir tous les éléments nécessaires, afin d’agir au mieux. Téha était une élève de Poudlard, ce qu’il savait, et elle les avait rejoint au début du mois de Mai, soit à peine une semaine après que lui-même ne soit arrivé dans son nouveau poste. Si le MacCarthy n’avait encore rien répondu à son beau-frère en ce qui concernait le fait de devenir son associé, dans les faits, l’ancien rouge et or agissait déjà comme tel.

Il n’était pas difficile de comprendre ce qui le poussait à agir ainsi. Pour lui, tous les membres de son travail étaient comme une famille. Des proches dont il fallait s’assurer le bien-être. Sa dissimulation lui permit d’écouter l’échange entre sa collègue et l’étranger, Antoine Qvist. Professeur Antoine Qvist, de son propre aveu. Une personne liée à Poudlard, donc… la directrice avait un accord avec Shawn, sans doute cette dernière savait-elle pour le travail de Téha, mais avait-elle accepté de ne rien confier tant que cela ne nuirait pas à sa scolarité.

L’échange entre le professeur et l’élève lui permettait de comprendre la tension présente, ainsi que d’apprendre certaines choses. Ainsi Téha descendait d’une famille apparemment de sang-pur… Cette pensée sur la supériorité du sang de certain semblait bien ancrée chez Monsieur Qvist, malgré que cela soit complètement passéiste et arriéré… Point à garder en mémoire. Plus la discussion avançait, plus l’irlandais se saisissait d’éléments à conserver sur le passif de ces deux personnes… expliquant leur relation conflictuelle, et la colère qui sous l’apparence contrôlée, sourdait sous la peau de la jeune femme. Jusqu’à ce que le professeur, manifestement aux aguets, ne détecte sa présence.

Point intéressant… Rares étaient les personnes à garder autant l’œil sur leur environnement. N’ayant guère plus à se dissimuler, le barman sortit donc, sa baguette pointée sur l’intrus en ces lieux, prompt à réagir.


- Je suppose que cela peut-être envisageable, Monsieur Qvist… Seulement, puisque nous parlons de politesse… Voulez-vous bien me faire celle de retirer ce que je suppose être votre baguette de sa cachette et me la tendre sans geste brusque ? Cela sous peine de vous retrouver contraint à l’immobilisme.

Le fait de ne pas évoquer son grade, laissait à croire que ce dernier n’avait pas forcément perçu l’ensemble de la conversation, et être arrivé seulement après coup. Noah se plaça de manière décalée par rapport aux deux autres, tout en étant entre Téha et Antoine, après avoir contourné ce dernier.

- Tout va bien, Téha ?


Question logique même s’il ne regardait pas dans la direction de la demoiselle, préférant garder à l’œil l’enseignant.

- Puis-je vous demander ce que vous faites dans ce lieu interdit au public, armé de surcroît, et donc en complète infraction vis-à-vis du règlement de cet endroit ?

La baguette en chêne toujours tournée vers cet inconnu nommé, Noah tendit son autre main, tout en étant sur ses gardes. Un homme capable d’enfreindre des règles alors que son travail consistait en partie à apprendre à d’autres à les respecter ne pouvait que pousser à la méfiance.

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Teacher & co ϟ Docendo discimus

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MessageSujet: Re: [Fin Mai, début Juin 2005] Sur le fil    Sam 2 Juil - 16:18



Sur le fil


L’impertinence de la jeune fille agaçait au plus haut point Antoine, et même s’il n’avait aucun devoir envers elle ou sa famille, il ne voulait pas que la réputation d’une grande famille au sang pur comme les Hummels soit entachée. C’était d’ailleurs la seule raison pour laquelle il était intervenu. En soi, il n’accordait pas beaucoup d’importance à cette jeune fille. Certes, ils avaient dansé quelques valses lors d’un gala organisé par son père l’été passé, et après ? Ce n’était que des danses de salon, et même si Antoine aimait charmer, jamais il n’aurait été plus loin avec la jeune fille ; Elle ne l’intéressait pas. Mais apparemment, pour elle c’était différent, et elle n’avait pas digérer le fait que son cavalier ne l’ait pas informé qu’il serait son professeur dans les mois à venir. Pour dire la vérité, lui-même l’ignorait, il n’avait appris les choses qu’une ou deux semaines avant la rentrée. Il devait en effet aller en Angleterre mais son poste n’avait pas encore été clairement défini. Il pensait être envoyé au Ministère, du fait des relations de son père, au Département des Mystères, mais c’était finalement ves l’éducation que l’Aeternam Irae l’avait aiguillé. Il leur fallait du monde à Poudlard pour surveiller les jeunes sorciers et éviter tout esprit de rébellion comme cela avait été le cas avec Voldemort bien des années auparavant. Et comme par hasard, il y avait retrouvé la jeune Hummels. Et elle était la seule jeune élève qui n’appréciait pas sa présence, ce qui était chose étonnante car même si sa sévérité était reconnue, il était loin d’être un prof tyrannique ou taciturne. Il était juste à cheval sur le respect et les règles, ce que la plupart des élèves comprenaient, et il récompensait les élèves travaillant le plus. Mais apparemment, la jeune fille était trop frustrée et vexée pour passer au-dessus de leurs quelques danses pour s’adresser à lui comme à un professeur. Le respect … Quelque chose de difficile à appréhender pour elle apparemment, on aurait dit une sauvageonne, qui aimait défier l’autorité de son père.

- Je vois, Mlle Hummels, que vous semblez remontée à mon endroit… Sachez, si vous l’ignoriez que j’ignorais tout de mon affectation à Poudlard le soir où nous avons en effet échangé quelques danses. Et puis voyons, est-ce si difficile que cela de m’appeler Monsieur ? Pourquoi donc êtes-vous toujours sur la défensive et dans le défi de l’autorité, comme ce soir. Je ne remets nullement en cause cette danse, que je sais apprécier, mais votre participation à ce spectacle au vu de votre âge et sans l’autorisation de votre père.

Si cela peut donc calmer vos nerfs rougis par les hormones de votre adolescence, sachez que j’ignorais que nous serions amenés à nous revoir dans ce contexte, mais qu’en soi cela ne change rien au fait que vous me deviez le respect à partir du moment où nous sommes dans une relation hiérarchique…


Aloïs était définitivement un sujet qui suffisait à mettre la jeune fille hors de ses gonds… Ils étaient si différents, Aloïs le jeune homme obéissant, respectueux et faisant des valeurs de sa famille son porte-étendard, se faisant lui-même l’épée qui pourfend les attaques insidieuses à l’encontre des Hummels… Un garçon remarquable, tandis que Téha semblait vouloir tout l’inverse, et porter la destruction sur la réputation de son père. Pour quoi au juste ? Se venger ? Antoine ignorait tout des raisons de la colère de la fille envers son père, mais un tel décharnement de moyens pour humilier son père était assez grave, et même si Antoine ne voulait s’en mêler, et voulait protéger l’intégrité des Hummels. Il était là pour la conseiller, un conseil qu’elle saurait lui revaloir par la suite si jamais elle se montrait reconnaissante. Ce bouge infâme était indigne d’elle, et elle devait le voir.

- Quand ai-je donc dit que votre danse était vulgaire Mlle Hummels ? Pour avoir beaucoup voyagé, je peux vous confirmer l’inverse, c’est une très belle danse symbolique. Non, ce que je critique n’est pas la danse, mais le lieu où vous êtes vu votre âge. Je n’insulte donc que le lieu.

Antoine était sincère, il avait beaucoup voyagé pour faire des travaux d’archéomagie dans des ruines de cités magiques de l’Antiquité et il avait eu l’occasion d’être au contact de cultures diverses. Il connaissait la belly dance. Il connaissait son sens secret, sa signification et l’importance de ses gestes. Il n’insulterait jamais cette danse. Quant à la jeune fille ? Pourquoi l’insulter ? Non, ce qui l’insupportait véritablement était cet endroit malsain où lui-même n’était que par obligation… Cette jeune fille s’évertuait à lui reprocher des choses qu’il ne pensait ni ne disait…

Ce fut le moment que choisit l’inconnu pour répondre à la sollicitation du français… Ainsi, il le menaçait d’immobilisme. Antoine en aurait presque ri tellement il trouvait la situation ironique. Vraiment ? Le menacer lui d’immobilisme ? Antoine lui sourit alors aimablement, sans aucune agressivité, sans pour autant baisser sa main comme le lui avait si indélicatement demandé cet homme dont il ignorait tout.

- Voyons, nous sommes des gens civilisés n’est-ce pas ? Vous pourrez aisément constater que je n’ai fait aucun mal à Mlle Hummels, qui est une de mes élèves, d’où ma surprise en constatant que cet établissement embauchait des jeunes filles encore élèves sans le consentement écrit de leur parent et du directeur de l’établissement. Oui, car si une telle autorisation existait, croyez-moi que je serai au courant, ma signature étant essentielle également, Mlle Hummels faisant partie de la maison que je dirige.

Antoine laissa quelques instants au jeune homme pour absorber les conditions de la situation dans laquelle il se trouvait.

- Je l’avoue, je suis dans un lieu interdit au public… Dans le seul et unique but de protéger l’intégrité de mon élève. Je connais sa famille, et il est de mon devoir de la protéger. Et je vous ferai aimablement remarquer que ma baguette n’est en soi pas plus une arme qu’un moyen de défense, le seul pointant une baguette sur quelqu’un ici étant vous. Je vous prierai de baisser votre baguette et retourner faire votre travail pendant que je m’occupe de raisonner cette jeune fille.

Oh et la légitime défense que vous pourriez invoquer si vous m’attaquiez ne serait pas recevable, je ne suis pas un danger, le seul danger actuellement c’est vous, et ce serait donc à moi de me défendre…


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