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 Memento quia pulvis es || PV A. Qvist

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Aeternam Irae ϟ Fear them

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MessageSujet: Memento quia pulvis es || PV A. Qvist   Mer 23 Mar - 19:10

Memento quia pulvis es



« Donc, qui dois-je annoncer, au juste?
Le Ministre de la Magie Adjoint, triple buse ! Mais qu'avez-vous donc fait à ce pauvre Dieu pour être aussi sot?
Je ne comprends pas. Le Ministre de la Magie Adjoint ne devait pas venir. Moi je ne laisse entrer le Ministre que s'il devait venir.
La peste soit de ces bigres de brigadiers de la Police Magique ! Felix, expliquez-lui donc.
Monsieur Wieder est le Ministre de la Magie Adjoint, et il souhaiterait entrer.
Dois-je vous rappeler que si vous n'exécutez pas cet ordre, vous serez très certainement radié et refourgué à la sécurité du Ministère? Si tant est qu'on fasse encore confiance en vos piètres capacités intellectuelles... »

Le grand homme observa le petit homme d'un air soudainement surpris et conscient de la menace qui pèse sur sa petite vie d'employé du Ministère soudainement bouleversée par la surveillance des entrées de Poudlard.
De l'autre côté, Ferdinand Wieder le toisait de toute sa hauteur, ou plutôt du haut de sa petite taille d'homme gras et bien habillé. Tenant fermement sa canne à pommeau et drapé d'un long manteau de style victorien à petite capeline, le Ministre de la Magie Adjoint semblait ne plus tenir sur place et être deux doigts d'exploser. C'était sans compter sur le manque cruel de discernement présent chez ce pauvre brigadier qui découvrait le nouveau numéro deux du Ministère en même tant qu'il rencontrait un dandy quelque peu maniéré et excentrique aux favoris roux et blancs.
Mais notre tableau ne saurait être aussi complet sans la présence de Felix, le secrétaire du Ministre Adjoint, tout aussi placide que monotone et qui n'avait guère sourcillé en voyant la situation sociale périlleuse dans laquelle tous se lançaient.
Le trio semblait être un fin équilibre entre plusieurs personnalités en puissance. De même qu'il avait évidemment tout pour faire rire.

Le brigadier consentit enfin à laisser entrer la petite délégation ministérielle. Les grilles s'ouvrirent et les deux hommes s'avancèrent, laissant le policier seul. Ce dernier attendit quelques secondes avant de se rendre compte qu'il avait tout à gagner à apparaître auprès d'un homme d'une telle stature. Il courut suivre le groupe, tandis que son collègue, qui jusqu'ici s'était tenu à l'écart, s'empressa de le remplacer, comme si tout cela n'était que le résultat d'une chorégraphie apprise par coeur et répétée sans cesse.
Wieder continuait à marcher devant, tentant tant bien que mal de ne pas fourrer l'un de ses pieds dans un trou ou une bute du parc de Poudlard. Derrière lui Felix ne semblait pas connaître les mêmes difficultés et avançait d'un pas léger et calme. Enfin le brigadier, tout essoufflé et fier d'introduire le Ministre de la Magie Adjoint à Poudlard, marchait derrière, d'un pas soudainement énergique et vigoureux.
Ferdinand ne regardait pas ce qu'il y avait autour de lui. Le parc semblait défiler à une vitesse folle tandis qu'il plantait sa canne à pommeau dans la terre afin de garder un équilibre. Le château se trouvait être l'objectif de cette périlleuse aventure, aussi mettait-il toutes les chances de son côté pour y arriver.

Il ne s'était rendu à Poudlard que deux fois. Une fois lorsqu'il était Juge au Magenmagot, en 1995, lorsqu'une enquête avait été menée par le Magenmagot à la suite de la mort de Diggory, et une autre fois peu de temps après la Bataille de Poudlard, également pour une enquête visant ensuite à condamner les Mangemorts qui avaient tué bien des personnes cette nuit là.
Quoi qu'il en soit, il semblait être dans son élément, bien qu'il eût effectué ses études à Durmstrang puis en Allemagne.
Poudlard devenait un nouveau champ de compétence, avec l'Université du Lac, puisqu'en tant que Ministre de la Magie Adjoint, on lui avait octroyé le titre de "chargé de la Réforme". Autrement dit, et ce n'était qu'un bureaucratique et vague titre qui cachait les véritables intentions de l'Aeternam Irae, Wieder s'occupait de tous les dossiers sociétaux qui, durant le mandat de Pearson, serait réformé. L'Education et la Culture étaient les principaux sujets que dirigeait le Ministre de la Magie Adjoint. Poudlard aurait donc à subir ses venues de manière plus régulière.
Et la Réforme, justement pouvait commencer dès ce jour. Car après avoir pris ses fonctions, Ferdinand avait fait en sorte de consolider son réseau. Numéro deux du Ministère, il était plus exposé qu'auparavant. Sa couverture pour l'Aeternam Irae devenait fragile, aussi lui fallait-il affiner ses contacts pour mieux étendre son pouvoir tout en protégeant sa véritable motivation. Il avait contacté tous ses espions, en avait supprimé quelques uns trop gênants maintenant qu'il était à un tel poste et avait passé le reste de son temps social à rencontrer des personnes, à l'image de Geser Wimson, le directeur du département de la Justice Magique. De fait, en l'espace de quelques jours, tous avaient su qu'un nouveau Ministre de la Magie Adjoint était en poste. Une manière pour lui d'imposer son image.

Cette fois-ci, c'était pour une raison plus secrète mais également plus concrète qu'il se rendait à Poudlard.
Felix, son secrétaire, demeurait son homme de confiance depuis vingt ans. Il était au courant pour son réseau d'espionnage, au courant pour ses rendez-vous secrets. La seule chose qu'il ignorait, c'était bien la présence de Ferdinand dans la secte puriste. L'Aeternam Irae était une tradition familiale pour les Wieder. Aussi étaient-ils les seuls à savoir qu'il en faisait partie. Le reste du monde représentait une menace. De même, en cas de soucis, Felix ne pourrait en aucun cas révéler à quiconque la véritable allégeance de Ferdinand.
Sous couvert de sa fonction de Ministre Adjoint, il allait rencontrer l'un des autres membres de l'Aeternam Irae. Et Wieder, bien qu'agent opérant, ce qui l'obligeait donc à garder un certain nombre de secrets, ne faisait pas de rencontres trop secrètes. Il demeurait un personnage public et se servait de prétextes administratifs ou politiques pour se lier avec des personnes importantes.

Antoine Qvist, professeur de Sortilèges et Directeur de la maison Serdaigle de son état demeurait l'unique lien qu'avait l'Aeternam Irae avec Poudlard. Il y opérait de manière secrète et sûrement avec compétence puisqu'il y occupait un poste de Directeur de maison, chose qui n'était pas attribuée à tout le monde.
En rencontrant une des personnes importantes de Poudlard, Ferdinand s'assurait aussi de son lien avec un agent de la secte présent à Poudlard. Une pierre deux coups, puisque les deux hommes pourraient entretenir un lien officiel, lié aux dossiers dirigés par Wieder, tout en avançant les pions de l'Aeternam Irae de manière officieuse.
Et c'était à tout cela que songeait Wieder tout en pénétrant dans l'enceinte de l'école. Les choses étaient minutieusement préparées à l'avance. Cette rencontre, bien que le petit homme ne savait aucunement ce qu'elle allait donner, était le fruit d'un travail de recherche et de renseignements qui pourraient se montrer utiles en temps voulu.

En de tels temps, voir une personne du Ministère débarquer semblait être synonyme de mauvaise nouvelle. D'une certaine nouvelle, c'était presque vrai. Si tous savaient qu'au moins deux agents influents de l'Aeternam Irae se trouvaient à Poudlard, l'ambiance en serait toute autre.
Quoi qu'il en soit, Wieder toisa les jeunes élèves de Poudlard avec tout le dédain dû à sa fonction. S'il avait l'art de se montrer tout en mondanité et en excentricité lorsqu'il se trouvait devant des puissants ou des influents - si tant est que ces deux mots soient différents, il conservait une certaine froideur méprisante à l'égard de ceux qu'il considérait comme trop bas pour susciter ton attention.

« Cher Monsieur, vous voudrez bien aller auprès de vos supérieurs afin de m'obtenir dans les plus brefs délais un rapport concis sur l'état de la sécurité dans ce château, je vous prie. »

Wieder parlait de manière courtoise, maniérée, tandis que certains élèves regardaient cette étrange délégation arrivée à bon port. Et tandis que le brigadier partait remplir sa nouvelle mission, Ferdinand sortit un mouchoir en soie de sa poche. Il se baissa du mieux qu'il put - car c'était certain que ses nombreux dîners en société n'avaient pas fait en sorte qu'il ait une mine de sportif, et essuya ses chaussures faites de cuir fin et brillant. De la terre s'y était outrageusement incrustée, ce qui avait bien de quoi mettre Wieder dans tous ses états.
Ce n'était qu'une question d'image.

« Monsieur le Ministre Adjoint? Wieder se retourna, à l'image d'un comédien en quête du meilleur mouvement à effectuer. McChandler, Auror chargé de la protection du château.
Ravi de faire votre connaissance, mon cher ! Il lui fit son plus beau sourire de circonstance tout en lui serrant la main d'une main légère.
Je suis venu vous faire mon rapport.
Oh ! Très bien ! Je l'avais demandé par écrit, mais soit, mon ami, allons-y. Cela ne vous dérange pas que nous reprenions notre marche? J'ai quelqu'un à voir dans cet austère château. »

Ferdinand eut un petit rire maniéré, à l'image d'une coquette de salon qui rit à l'écoute d'un bon mot sorti après un véritable travail de recherche. L'Auror, lui ne parut guère amusé, voire intéressé par autre chose que son travail à Poudlard. Wieder tourna rapidement la tête vers Felix, lâcha un regard déconfis, que le secrétaire releva d'une face éternellement monotone.
Puis la troupe, qui avait accueilli dans son sein un quatrième membre, reprit route.

Pendant qu'ils montaient escaliers en tout genre, traversaient des couloirs remplis de tableaux et d'élèves, l'Auror McChandler ne fit aucun pas de côté en ce qui concernait son rapport. Il le tenait méticuleusement, et Wieder en écoutait chaque partie. Il en avait déjà eu un, par le biais de son tout nouvel espion à Poudlard, et en avait quelques autres par ceux qui travaillaient dans son cabinet, au Ministère. Mais un autre de plus, venant de quelqu'un s'y trouvant comme agent de terrain n'avait rien de négligeable, même si l'allure mielleuse et précieuse laissait penser qu'un tel homme ne pouvait s'intéresser à ce qu'il se passait en dehors du Ministère.

« La situation ici est sous contrôle, mais Poudlard est un lieu emblématique, c'est sûr. Les professeurs font leur ronde. Leurs sortilèges ont été consolidés par ceux de plusieurs Aurors du Ministère. Nous avons également veillé aux différentes salles secrètes. Chaque professeur y fait une ronde, pour vérifier qu'aucune sortie ou entrée n'a vu le jour. Notre système de communication est très bien mis en place. En cas de problèmes, le Ministère est averti et Poudlard très vite protégé. Il y a peu de chances qu'ils viennent ici. C'est ce que je pense, moi. Ils ne viendront pas ici, ils savent que c'est trop risqué, pour l'instant. Ce qu'il s'est passé avec Vous-savez-qui est encore bien présent, et le château fait figure de forteresse imprenable, même lorsque des brèches voient le jour. Quant à l'ambiance, elle est hétérogène. D'une part les plus jeunes et les plus téméraires ne se rendent pas compte du danger, d'une autre beaucoup sont sur leurs gardes - on a eu quelques cas de psychose et crises d'angoisse, et les professeurs tentent de continuer à faire leurs cours. Mais pour beaucoup, cette histoire concerne le Ministère. »

Ils avaient bien avancé, pendant tout ce temps.

Ferdinand regarda pendant quelques instants l'Auror. Il lui fit un petit sourire, avant d'ajouter discrètement « La fois d'avant aussi, tous ont cru que ce n'était qu'une histoire entre le Ministère et Vous-savez-qui. Mais cela allait bien plus loin, hélas. Et nous l'avons tous payé très cher. »
En vérité, Poudlard était bien une cible. Notamment pour un être tel que Ferdinand Wieder, qui ne cessait de penser qu'une réforme puriste se faisait à la fois dans les institutions et les lois, mais aussi dans l'enseignement. La secte s'était déjà attaquée à Poudlard. Petit à petit, telle une substance qui entre lentement dans un corps, elle s'était installée à des points stratégiques. Et avec la venue de Wieder au château, ces points stratégiques se trouvaient relier. Ceux qui pensaient que la maladie s'était déclarée à telle partie du corps ne se doutaient pas qu'elle avait pris place dans tous les organes vitaux de la société.

Ils arrivèrent enfin au troisième étage, là où se trouvait la salle de sortilèges.
Une fois parvenus à son entrée, Ferdinand se tourna vers les trois autres hommes qui l'entouraient et leur fit son sourire le plus mondain.

« Mes chers messieurs, bien que je sache que vous accordez une importance primordiale à ma sécurité et à mon bien être, tout ceci n'est que superfétatoire. Felix, vous serez gentil d'accompagner Monsieur McChandler jusqu'au poste de commandement, afin d'avoir un rapport écrit complet que je pourrai transmettre au Ministre. Ferdinad tapota l'épaule de son secrétaire d'un air chaleureux et doucereux, avant de tourner des talons et d'entrer dans la salle. A bientôt, mon cher ! »

Aucun des trois autres ne sut véritablement à qui cela s'adressait, mais tous s'exécutèrent rapidement. En un seul regard, l'Auror ordonna au brigadier de rester à l'entrée de la salle pour assurer la protection obligatoire à Wieder, tandis qu'il partait en direction de son bureau en compagnie de l'énergique Felix.
Le brigadier se posta donc, tandis que Wieder arpentait déjà la salle.

Elle était vide, ou venait d'être laissée par les élèves.
C'était toujours chose étrange de se trouver dans une salle de classe vide. Comme si, soudainement, tout le spectacle se trouvait figer. Comme un théâtre sans décor, qui attend une vie nouvelle le temps d'un soir. Tout semblait être perdu dans le temps, dans l'attente d'un quelque chose qui ne venait pas. C'en était presque à avoir l'impression d'entendre des rires, ou la voix d'un professeur concentré, ou le bruit des plumes sur les feuilles de parchemin vierges.
Le Ministre de la Magie Adjoint ôta son manteau, laissant voir une veste de costume en velours marron, un gilet à carreaux fins marron, et un petit foulard de soie rouge foncé. Une délicate montre à gousset rangée dans une des poches extérieures de la veste laissait apparaître une chaîne d'argent qui rejoignait le col.
Wieder prit quelques instants pour remettre en place ses cheveux frisés et finement coiffés.

Il n'attendait plus que la venue du second acteur de cette nouvelle partie qui s'annonçait.
Et notre Ferdinand Wieder était prêt à jouer son rôle.
Ou peut-être pas.

L'homme entra enfin.
Ferdinand se retourna, fit un grand sourire, avant de lancer un maniéré et cauteleux «Bien le bonjour, mon cher Antoine !

• • • • • • • • • • •


« Wider, en ancien allemand Widar ou Widari, signifie "contre", "face à", parfois "envers". Et il lançait des exemples en l'air: Widerchrist, "antéchrist"; Widerhaken, "crochet, croc"; Widerraten, "dissuasion"; Widerklage, "contre-accusation", Widernatürlichkeit, "monstruosité" et "aberration". Tous ces mots lui paraissaient hautement révélateurs. » R. Bolaño, Etoile distante
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Teacher & co ϟ Docendo discimus

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MessageSujet: Re: Memento quia pulvis es || PV A. Qvist   Mer 30 Mar - 3:17



Memento quia pulvis es


L’attaque du ministère avait vite été suivie d’effet. Maintenant que l’Aeternam Irae s’était montré au grand jour, en assumant pleinement ses désirs et ses revendications de pureté du sang, la panique commençait à naître dans l’esprit des sorciers, et notamment des moins purs d’entre eux, tous ces sang-de-bourbe et ces sang-mêlés. La libération de la Luxure avait produit l’effet escompté, et plus d’un sorcier était dérouté. Cette perdition de tout bon sens au sein de la communauté magique avait été portée à son apothéose par la mort devant un public entier du Ministre de la Magie. Bien que personne ne puisse s’en douter, les membres de l’AI avaient déjà infiltré et ce depuis bien longtemps les rangs du Ministère, jusqu’à sa moelle, jusqu’au centre nerveux de toute cette activité et la succession était déjà prête pour être dans les mains de l’organisation secrète. Le nouveau Ministre de la Magie, Kyllian Pearson, faisait partie des leurs, et il comptait bien imposer une autorité de fer pour mater toute possible rébellion le jour où les communs s’apercevront que leur Etat de droit était déjà entre les mains de ce qu’ils considéraient comme une menace. Et pourtant l’Aeternam Irae n’avait de menace que le nom car l’organisation incarnait davantage la voie de la Rédemption, la Salvation des Peuples Magiques plutôt que l’oppression tant redoutée. Dans la foulée, de nombreux postes ont été redistribué, dans une certaine logique de purge administrative, et c’est sans surprise que les plus suspicieux aux yeux de l’AI furent soit remplacés sans que cela ne crée de perturbations soit mis sous l’autorité d’un membre de l’AI. Selon Antoine néanmoins, cette purge administrative était quelque peu rapide et certains pourraient craindre quelque manigance derrière tout cela. Il connaissait suffisamment l’histoire du monde sorcier pour savoir que la population était certes naïve mais pas suffisamment pour ne pas se rendre compte du remplacement quasi entier d’un gouvernement et de son administration pour une prise du pouvoir total. Ainsi, lors de la Révolution sorcière de Russie, qui eut lieu plus tard que son équivalent moldu, c’était à la fois l’Exécutif mais aussi le Parlement qui avaient été remplacé, sans compter l’administration. Du jour au lendemain, le grand Gellert Grindelwald avait remplacé l’administration par des sorciers issus des plus grandes familles de Russie, le Parlement des Pairs avait été remplacé par la Chambre des Sages, à savoir une chambre de vieillards tous issus des familles aristocratiques russes, et l’ancien Kommander avait été remplacé par Grindelwald en lui-même. Oui, il est bon de rappeler qu’à l’inverse de la Révolution prolétarienne de Russie, dans le monde des sorciers le gouvernement était démocratique et non aristocratique. Les deux régimes s’étaient alors inversés, chez les Moldus en 1917, et en 1931 pour les sorciers. Ce n’est qu’au terme de 14 années de dictature aristocrate que la Russie avait repris le chemin de la démocratie suite à la défaite de Grindelwald contre Dumbledore. Un triste exemple à ne pas suivre donc, car le remplacement et la réaffirmation des Valeurs du Sang Pur se devaient d’être pérennes et de s’inscrire dans la continuité, sans donné immédiatement l’impression de la violence administrative.

Fort heureusement, toujours au goût d’Antoine Qvist en tout cas, Poudlard échappait officiellement au contrôle du Ministère. Encore une fois il ne faudrait pas réitérer l’exemple de Voldemort et de ses sbires qui une fois aux commandes du Ministère avait fait apparaître sa mainmise sur l’école de sorcellerie. Non il faudrait jouer ici avec davantage de finesse, chose dont l’Aeternam Irae était bien entendu capable, sinon l’organisation n’aurait pas subsisté aussi longtemps sans que personne ne se doute de son existence n’est-ce pas ?

Le français était tout à sa lecture de la Gazette des Sorciers justement, dans la Grande Salle, suite à une déclaration du nouveau Ministre de la Magie, très jeune et très fringuant, accompagné de son nouveau Ministre adjoint, Ferdinand Wieder, un Ministre adjoint ancien Président du Magenmagot qui serait d’après l’auteur de l’article des plus compétents pour gérer les affaires courantes du Ministère pendant que le Ministère s’occuperait des grands chantiers qu’annonçait la prochaine lutte contre l’Aeternam Irae. Un Ministre adjoint qui en tout cas, et toujours selon le même article, serait aussi exigeant avec son administration pour que tout tourne comme une horloge suisse, qu’il ne l’était avec ses tenues extravagantes mêlant artistiquement le velours et les couleurs chatoyantes, avec un soin aussi pusillanime que celui qu’il accordait à ses cheveux qui faisaient déjà jaser les plus bas esprits de ce monde. Si seulement la Gazette, ou en l’occurrence l’auteur de cet article, savait ce qu’Antoine savait, à savoir que ces deux hommes, dans les mains desquelles le Ministère venait d’être mis, étaient en réalité des membres fidèles de l’organisation que le Ministère prétendait combattre… Une belle mascarade. En tout cas, songea Antoine en buvant tranquillement son café noir corsé de si bon matin, depuis cet attentat, la sécurité à Poudlard avait été renforcée. En tant que Directeur de Maison et professeur de Sortilèges, il avait été bien entendu mis à contribution pour renforcer les sortilèges existants et il en avait rajouté quelques-uns de sa propre invention. Quoi de mieux pour aider son propre camp que d’infiltrer l’ennemi et y créer des fissures que seul vous connaissez ? La Directrice lui faisait désormais toute confiance,  et il était au fait de l’entièreté des secrets de défense du Château. Personne ne savait bien entendu que lui-même faisait partie de ce qu’ils appelaient « les ennemis ». Lui-même se définissait plutôt comme un sauveur, un soldat de la noble cause, permettant au final aux meilleurs de rester, et de reléguer aux déchets de la société les plus basses tâches. Sa sympathie au sein de l’établissement avait poussé tel un fraisier des bois et peu se méfiaient de lui. Et personne n’aurait pu penser que lui et le professeur Doherty se connaissaient en dehors de l’établissement tellement leurs conversations publiques étaient rares et succinctes. Sa mission se déroulait donc très bien. Le système de sécurité était donc renforcé, pour rassurer les parents d’élèves, et désormais une équipe d’Aurors s’occupait de surveillait les alentours du château, avec en plus des brigadiers sorciers qui veiller à la sécurité des limites du domaine de Poudlard.  La tâche des Professeurs était quant à elle de rassurer les élèves sans verser dans le mélodramatique.

C’est donc pour continuer dans cette direction que le Professeur Qvist déjeunait tranquillement ce matin, avec quelques croissants au beurre garnis d’une généreuse confiture de fraise (et non cette horrible marmelade que chérissent tant les Britanniques), avec de la baguette et du café noir, les Elfes de maison préparant ces mets à son attention exclusive. Une fois son appétit sustenté, l’enseignant se dirigea rapidement vers sa salle de cours, et croisa au passage quelques élèves qui se dépêchaient pour ne pas être en retard. Il valait mieux ne pas l’être dans son cours, à moins de vouloir être réprimandé par le Professeur ou son fameux valet fantôme, Valérien Loisel, redouté de la plupart des élèves pour son code de l’étiquette très strict. Ce matin serait tranquille, il donnait un cours de deux heures aux Quatrième année, et le cours portait sur le sortilège d’Attraction. Enfin tranquille n’était pas vraiment le mot juste, la plupart des Poufsouffle étant tellement maladroit que la salle de cours devenait un vrai chantier après que les travaux pratiques aient été finis. Heureusement pour Antoine, les Serdaigles, et dans une moindre mesure les Serpentards, rattrapaient largement le niveau. A la fin du cours néanmoins, il ne dérogea pas à la règle et enleva 20 points aux Poufsouffles pour leur manque de concentration, et en donna le même nombre aux Serdaigles, ainsi que 10 pour les Serpentards, qui n’avaient pas démérités. Un Gryffondor du nom de Trévor (laid comme prénom n’est-ce pas ?) Abydian (sûrement un né-moldu) eut même la chance d’une heure de retenue après avoir lancé le sortilège d’attraction en direction d’un Serpentard (comme si un Accio slip était intelligent).

- Bien maintenant que le cours est fini, vous pouvez y aller. N’oubliez pas M. Abydian, vendredi soir à 21h je vous attends dans mon bureau pour votre punition.
Loisel, vous aurez l’obligeance de ranger la salle de cours, je vais me rafraîchir quelque peu.


La salle se vidait pendant que le fantôme remettait tout en place, sans le moindre bruit, comme à l’époque où il travaillait pour la famille Qvist de son vivant. Le fameux Abydian eut le malheur de prononcer une obscénité une fois le professeur Qvist rentré dans son bureau, mais Valérien n’était pas loin et il prit un livre pour en frapper le sommet du crâne de l’élève avec un regard désapprobateur. Il valait mieux ne pas manquer de respect envers quiconque en sa présence.

Antoine était donc dans son bureau, bureau qui jouxtait la salle de cours. D’un léger mouvement de baguette, une cuvette de porcelaine se remplit d’une eau de source fraîche, et un linge s’en imprégna. Antoine la saisit pour tamponner sa nuque et son front. Le miroir lui renvoyait l’image du sorcier qu’il était : les yeux clairs, ses cheveux bien ordonnés avec un brin de folie savamment orchestré, les joues mangées par une légère barbe naissante. L’eau laiteuse dégoulinait sur ses tempes. Pour la journée, il avait choisi de se vêtir comme à son habitude d’un jean seyant, de couleur bleu mais plutôt foncé, avec une chemise blanche en lin très fine avec des boutons en nacre blanc, un nœud papillon bleu ciel et rose, et pour parfaite le tout un blazer bleu marine. Pour finaliser la tenue, il avait opté pour une paire de chaussure de ville en cuir brun de dragon, et une délicieuse montre à cadran plat et fin, au fond blanc, où tournaient plusieurs aiguilles dorées. L’élégance à la Française en définitive. Antoine était en train de remettre en place son nœud papillon quand Loisel vint le chercher pour lui annoncer la présence du Ministre adjoint Wieder qui l’attendait dans sa salle de cours.

* J’avais oublié qu’il avait prévu de venir me rendre visite cette semaine *

Antoine Qvist reparut donc dans sa salle de cours désormais déserte à l’exception du Ministre adjoint et de lui-même. Valérien savait être discret, et il était dans un coin de la pièce en train d’épousseter une vitrine où s’entreposaient pêle-mêle des artefacts auxquels tenait beaucoup le professeur de Sortilèges. Ferdinand Wieder était semblable à lui-même, sa coiffure toujours aussi immuable et ses tenues originales toujours aussi élégantes et classes. Un ensemble 3 pièces dans les teintes brunes, avec son traditionnel foulard rouge foncé pour cette fois-ci.

- Bien le bonjour M. le Ministre de la Magie Adjoint. Je suis heureux de vous accueillir dans ma salle de cours, et de manière plus prosaïque à Poudlard.

Se rapprochant quelque peu, il lui glissa très discrètement :

- Allons dans mon bureau, ici les murs ont des oreilles…

Qvist précéda donc Ferdinand dans son bureau, en faisant un signe à Loisel pour qu’il vienne s’occuper du service. Son bureau, Antoine s’en était personnellement occupé dès son arrivée. Usant de multiples sortilèges, de sa confection ou non, il l’avait aménagé à son goût, mais surtout il en avait assuré la plus parfaite discrétion, sans aucun tableau pouvant l’espionner ou autre. Et pour vraiment s’y sentir bien il lui avait donné son style. Ainsi, la pièce était entièrement circulaire, avec de nombreuses hautes fenêtres de plusieurs mètres de hauteur, donnant à la pièce une dimension très aérienne et très lumineuse. Le sol était recouvert d’un tapis aux teintes bleus, tandis que les murs eux étaient recouvert de boiseries blanches jusqu’à un mètre de hauteur, avant d’être remplacées par des tapisseries bleues aux motifs baroques. Disposées harmonieuses, des bibliothèques en bois blanc étaient remplies à la fois de livres anciens et d’objets magiques des plus étranges et des plus rares, certaines étant même sous vitrine, comme ce médaillon contenant une dent de dragon dans de l’ambre, ou encore une dague entièrement sculptée dans de l’onyx. Se partageaient également l’espace un Lunascope impressionnant en argent finement sculpté près d’une fenêtre, ou encore une glace à l’ennemi, ou un scrutoscope de 10 cm de diamètre en saphir. Le plafond du bureau était caché par un ciel magique, qu’Antoine avait spécialement créé pour cette pièce, et à qui il interdisait de lui montrer autre chose qu’un beau soleil, sauf quand un élève était en retenue, auquel cas le ciel se couvrait de nuages menaçants et grondants. Le bureau de l’enseignant  était en marbre blanc et sur celui-ci se trouvaient diverses copies, une plume bleue en lévitation et divers objets inconnus. Antoine prit place et invita Ferdinand à en faire de même. Pendant ce temps, le valet de pied du jeune Français se dirigea vers l’arrière du bureau, où il s’occupa de préparer du thé et des douceurs sucrés, afin d’en proposer au Ministre adjoint.

C’est avec un sourire aimable et rayonnant qu’Antoine reprit la conversation là où il l’avait laissé. Il connaissait le ton mielleux de son interlocuteur, mais en terme de douceurs verbales il en connaissait un rayon également.

- Bien maintenant que nous sommes confortablement installés et à l’abri des oreilles indiscrètes, comment allez-vous mon cher ami ? La route pour venir jusque Poudlard n’a pas été trop compliquée j’espère ? J’ai remarqué que notre service d’ordre était un peu lent pour avoir des pensées cohérentes parfois. J’ose espérer que Kyllian, je veux dire notre Ministre, ne vous mène pas trop la vie dure au Ministère ? Bien qu’un homme tel que vous en a déjà vu bien d’autres, nous savons tous deux de quoi nous parlons.


- Excusez-moi, Sir Wieder, puis-je vous servir une tasse de thé ?


Loisel était en effet en train de disposer sur le bureau un plateau d’argent où étaient disposés des pâtisseries françaises – des éclairs flottants à la crème de noisettes, des choux à la crème légers comme des nuages, et surtout des macarons en grappe aux goûts de citrouille, de figue abyssienne et de prune dirigeable – ainsi qu’une théière en porcelaine blanche sur laquelle un couple de nobles discutaient dans un parc, près d’une rivière. Le gentilhomme salua d’ailleurs le Ministre adjoint. Le valet était quant à lui en train de servir Antoine en attendant la réponse de Ferdinand.

AVENGEDINCHAINS

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Aeternam Irae ϟ Fear them

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MessageSujet: Re: Memento quia pulvis es || PV A. Qvist   Jeu 31 Mar - 15:17

Il fallait bien avouer que Ferdinand trouva le jeune professeur sensiblement beau. Le genre de beauté qui va peut-être au-delà des critères physiques. Un petit quelque chose qui se dégage du regard et qui transperce les âmes les plus sensibles.
Il tenta de réprouver cette sensation. Il n'était pourtant pas rare qu'un homme trouve un autre homme beau, ne serait-ce que lorsqu'il fallait s'habiller. Mais Ferdinand ne l'assumait absolument pas. Du moins, il n'assumait pas cette homosexualité qu'il avait transformée en une chose monstrueuse qu'on cachait au plus profond de soi. Il était comme une sorte de palimpseste, aux multiples surfaces qu'il faut savoir gratter pour en retirer les couches successives. Ce secret, il le réprimait du mieux qu'il pouvait. Il s'interdisait tout contact charnel et physique. Il ne s'intéressait presque plus qu'aux choses qui transcendaient l'être humain, à l'idéologie et à la transformation du monde.
Il était certain qu'adolescent, il avait vite compris que tout cela ne le mènerait pas loin. Ou, du moins, il avait cru que c'était impossible pour lui d'entretenir une quelconque relation érotique ou amoureuse avec un homme. Il venait d'une famille de Sang-purs, où le principal devoir était de perpétuer la génération. L'amour homosexuel n'existait pas, et il était encore moins toléré chez les hommes, figures patriarcales censées dirigées avec virilité et force leur famille.
Cela avait souvent de quoi faire rire Ferdinand.

Les deux hommes sortirent de la salle après s'être salués. Cela devenait dangereux, pour Qvist, d'y demeurer. Et lorsque le jeune homme laissa entendre que des personnes indiscrètes pourraient entendre leur conversation, Ferdinand eut un petit air amusé et suivit volontiers le professeur.
Tout semblait souvent n'être qu'un jeu pour lui. Il était un enfant qui se donnait ses propres missions, où l'imagination prenait le pas sur le réel. Réel insatisfaisant, contraint, borné, où le Ministre Adjoint ne se plaisait absolument pas. Il s'était inventé son petit monde et avait fait en sorte de planter son propre décor partout là où il passait.
Cela demeurait aussi cependant un jeu avec lui-même et avec les autres. S'il ne cachait pas cette face de sa personnalité, c'était bien parce qu'elle lui était très utile, notamment parce qu'elle laissait entendre qu'il était un être volage, imprécis et enfantin. Ses ennemis ainsi trompés ne s'inquiétaient pas de cet homme, qui avait surtout l'allure d'un petit bureaucrate aristocrate incapable de se mettre en danger, si ce n'est pour gagner un arbitrage autour d'un dossier important au Ministère.
C'était sa manière à lui de constituer son armure dans le monde de la politique. Une politique qui dépassait cependant le Ministère. La politique de l'idéologie, où il lui était impossible de faire confiance à qui que ce soit. Il savait qu'à tout instant, on pourrait le détrôner, rendant impossible la mise en oeuvre de son projet idéologique. Il savait aussi que les temps devenaient de plus en plus dangereux pour l'Aeternam Irae. On se trouvait dans un moment de transition, où il fallait à la fois redoubler d'ingéniosité mais également de vigilance.

En passant, Wieder fit un petit clin d'oeil au Brigadier toujours présent devant la porte de la salle. Ce dernier sembla sortir d'une torpeur fantasmée, suivit les deux hommes et se fixa devant l'entrée du bureau de Qvist.
Ferdinand, lui, découvrit l'antre de son double à Poudlard. Il était l'agent reliant les informations entre la mythique école et l'Aeternam Irae, à l'image de Ferdinand au Ministère. C'était donc doublement intéressant de voir là où il pouvait trouver refuge, au coeur de ce château qu'il avait fini par infiltrer. Il fallait avouer qu'il avait bon goût, sûrement plus que ne se l'imaginait le nouveau Ministre Adjoint. Sans-doutes faudrait-il l'inviter.

« Voilà un bureau splendide, mon cher !

Petite mondanité, quasi non nécessaire, mais qui faisait sûrement tout le charme de Wieder.
Il semblait parfois être une sorte d'esthète mécène, qui analyse tout ce qui peut lui tomber sous l'oeil.
Il tenta en quelques secondes de percer les quelques mystères de ce coéquipier qu'il ne connaissait pas encore assez. Mais il fallait bien dire que Qvist était une sorte de mystère, tant il agissait par discrétion. Aucun des espions de Wieder n'avait été capable de donner un portrait clair du jeune homme, laissant penser que ce dernier était donc une très bonne couverture pour l'Aeternam Irae.
Et ce n'était pas la première fois que le Ministre Adjoint le rencontrait. Ils s'étaient déjà croisés à quelques réunions, bien que Ferdinand ait appris à s'y faire le plus discret possible. En effet, il n'avait jamais cherché le pouvoir sans la secte, même si sa famille en faisait partie depuis des siècles et qu'elle était sensiblement influente dans la branche allemande. Cela ne l'intéressait guère. Notamment parce qu'il avait tendance à considérer qu'il y avait toujours un risque de vouloir être sous les feux de la rampe continuellement. De même qu'une sorte de manque de légitimité non assumé. Aussi préférait-il mettre en place doucement, avec travail et méthode, l'idéologie prônée par Serpentard.

Le petit homme s'installa avec délicatesse, comme s'il se trouvait dans un lieu prestigieux et que tous les regards étaient tournés vers lui.
Il se mit à lui parler de manière très conventionnelle, et aborda la question du Ministre de la Magie.
C'était la première fois qu'on lui posait cette question, depuis sa nomination. Il fallait avouer que les deux hommes se connaissaient depuis un temps, les Mystères ayant souvent à collaborer avec le Magenmagot. Mais ils étaient aussi les deux agents de la secte les plus influents au Ministère, ce qui leur avait valu cette nomination, par ailleurs.
Les deux étaient également différents. Pearson avait toujours réussi à être un très bon communiquant, se servant habilement de son charme et de son charisme. Il était un dirigeant de fer, à la carrure idéale de Ministre. Ferdinand faisait figure de conseiller, à ses côtés. Plus assagi, mais également plus rompu aux délicatesses de langage et aux mondanités politiques et sociales, il semblait agir avec moins d'impulsion mais avec plus de manipulation. Les deux hommes se ressemblaient sur certains points, mais se complétaient également sur beaucoup d'autres.

« Je ne le vois que trop peu. Il est urgent pour lui de bien mettre en place le gouvernement et de trouver des soutiens en dehors du pays. Je le suppose très occupé pour n'avoir point pris rendez-vous avez moi. Ferdinand fit un léger sourire tandis qu'un fantôme-valet venait lui demander s'il désirait du thé. Bien volontiers, très cher. En ajoutant un peu plus de lait et de sucre, je vous prie. Il fit un nouveau petit sourire aimable et cordial au fantôme, avant de reprendre. Je dois avouer que, pour le moment, je n'ai reçu aucun ordre, aussi prends-je les miens de nos amis les plus hauts placés. Il faisait évidemment référence à ceux qui dirigeaient l'Aeternam Irae. M'est avis que tous au Ministère sont dans une sorte de léthargie, qui nous oblige à faire presque de même - auquel cas nous serions vite suspects, qui force à l'inaction. Mais il en va également de ce gouvernement, qui doit rester en place pour que nos idées soient admises. Si nous n'agissons pas, nous serons remplacés très rapidement. »

L'Aeternam Irae avait mis en place un problème, il faudrait le régler. C'était souvent ainsi que toutes les dictatures faisaient. Elle apportaient les catastrophes pour ensuite mieux prétendre être les seules à les régler.
Pour Ferdinand, c'était ce qu'il fallait faire.

« Il me semble bien dangereux de reproduire les mêmes erreurs que Vous-savez-qui. Si nous installons une guerre civile, le peuple ne tombera pas une seconde fois dans le même piège. Céder à la peur et se diviser. Au contraire, je crois qu'il faut continuer une infiltration progressive. Le gouvernement de Fudge était immobile face à la montée en puissance des Mangemorts. C'est ce qui a causé sa chute. Tous craignent l'immobilisme et aucune annonce officielle n'a encore été faite. Je ne vous cacherai pas que cela m'inquiète quelque peu. »

Le Ministre Adjoint but une gorgée de thé tout en semblant prendre le temps de réfléchir.

Il était certain que si le gouvernement Pearson ne prenait pas de mesures sécuritaires, de même que si les exactions de l'Aeternam Irae se montraient particulièrement soutenues et récurrentes, il finirait par tomber. Ce serait ainsi une grosse bataille de perdue. Il fallait frapper fort et de manière réfléchie, de façon à ce que le gouvernement ait déjà prévu une riposte qui, petit à petit, ôterait toute force de sécurité et de liberté aux défenseurs du bourbisme.

Ne pouvant donc rencontrer le Ministre, Ferdinand faisait en sorte de soigner ses réseaux et de mettre en place son projet. Selon son avis, il ne fallait perdre aucune seconde, aussi était-il important de se mettre tout de suite au travail.
Il avait compris que Geser Wimson pourrait être un obstacle conséquent si on ne le manipulait pas à bon escient. De même, il avait une nouvelle espionne, agissant à Poudlard, officiellement pour le compte de Wieder, officieusement pour celui de l'Aeternam Irae.
De fait, en l'espace de quelques secondes, le Ministre Adjoint avait étendu sa toile de manière à ce que les actions du gouvernement dans lequel il se trouvait aient le maximum d'impact, de mêmes qu'elles soient le fruit d'un travail et d'une réflexion fine pour être le plus efficace possible.

« Quoi qu'il en soit, comme vous avez dû le voir dans la presse, je suis en charge des dossiers d'Education, de Culture, de Santé, de Presse et des affaires courantes et quotidiennes. De nombreux chantiers nous attendent. Mais je ne suis pas Dolores Ombrage, et je ne compte faire les mêmes erreurs qu'elle, surtout au vu de l'endroit où celles-ci l'ont menée. Bien au contraire, j'aimerais que vous soyez mon relais, ici. Non une sorte de représentant du gouvernement, mais plutôt un conseiller personnel. Ainsi, il me serait possible de vous consulter en cas de réformes et de lois. Vous auriez toute liberté en conseil et en avis, et je puis vous assurer que vous aurez une oreille qui saura bien vous écouter. J'ai bien conscience que nos amis vous ont confié une tâche complexe. Mais cette tâche doit être également soutenue par le Ministère. Alors autant que ce soutien soit à la hauteur de vos demandes ici, n'est-il pas?

Ce rendez-vous était bien différent de celui avec Wimson ou avec Lyanna Delavière. Ferdinand ne cherchait pas à trouver un subalterne ou à manipuler quelqu'un de manière à ce qu'il fasse ce qu'aucun autre n'aurait mieux fait. Qvist était membre de l'Aeternam Irae et à ce titre, il lui fallait un soutien. De même que pour Ferdinand. Ce qu'il proposait, en d'autres termes, c'était une alliance visant à une entraide commune.

« A ce propos, que pouvez-vous me dire sur ce qu'il se passe ici? Comment les élèves vivent-ils la présence de la Police Magique? De même, quel est le ressenti de vos collègues? »

Une question qu'avait déjà posée Ferdinand à la jeune Delavière.
Les choses étaient cependant différentes, puisqu'il venait lui-même de livrer son avis sur la situation au Ministère. Les observations du professeur lui permettrait d'étayer un peu plus toutes les informations qui étaient déjà à sa disposition, mais permettraient également d'avoir ses premiers conseils et avis sur la stratégie à adopter pour que Poudlard tombe peu à peu entre les mains du Purisme.

Le petit homme se redressa sur son fauteuil, croisa ses jambes de manière élégante et attendit la réponse de Qvist.
Ainsi installé et vêtu, il avait tout d'un dandy respectable et bon vivant. Elégant, tenant avec délicatesse sa tasse de thé encore fumante. A l'évidence, il semblait inutile de se méfier de lui.

• • • • • • • • • • •


« Wider, en ancien allemand Widar ou Widari, signifie "contre", "face à", parfois "envers". Et il lançait des exemples en l'air: Widerchrist, "antéchrist"; Widerhaken, "crochet, croc"; Widerraten, "dissuasion"; Widerklage, "contre-accusation", Widernatürlichkeit, "monstruosité" et "aberration". Tous ces mots lui paraissaient hautement révélateurs. » R. Bolaño, Etoile distante
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MessageSujet: Re: Memento quia pulvis es || PV A. Qvist   Sam 23 Avr - 1:44



Memento quia pulvis es


C’était la première fois qu’Antoine recevait au sein de Poudlard un membre du Ministère, et du peu qu’il en savait en général Poudlard avait toujours gardé un très mauvais souvenir du passage de membre du ministère en son sein. Les souvenirs les plus douloureux pour l’établissement restaient ceux de l’époque de Dolores Ombrage, qui avait mené une véritable dictature au sein de l’école, allant jusqu’à subtiliser la direction de Poudlard à Dumbledore après que le Ministère l’ait nommé Grande Inquisitrice. Autant dire que lorsque l’administration saurait que le Ministre de la Magie adjoint, s’occupant tout particulièrement des questions d’éducation, avait fait une visite, toute l’école en parlerait. Il était pourtant sûr que le Ministère allait faire une visite, car dès le lendemain de l’attentat du Ministère, une équipe d’Aurors et d’officiers de la Brigade Magique étaient apparus aux portes de Poudlard sur ordre du Ministre lui-même (bien que ce soit sûrement une décision de Ferdinand ayant simplement reçu le contreseing du Ministre). Ils avaient dès lors commencé à effectuer des rondes ajux alentours de Poudlard pour éviter toute attaque de l’Aeternam Irae contre l’école. Apparence, toujours des apparences néanmoins, car cette brigade était du superflu. Jamais l’AI n’oserait « attaquer » frontalement Poudlard, contrairement aux Mangemorts ils savent très bien le danger que cela représenterait et ils ne sont pas prêt à s’y exposer, ils sont encore trop peu nombreux. Antoine le sait bien pour y être depuis maintenant plusieurs années. C’est d’ailleurs l’autre raison pour laquelle il sait très bien que Poudlard ne craint aucune attaque néfaste : l’école contient déjà en son sein deux membres de l’Aeternam Irae que personne ne soupçonne, lui-même et Aiden Doherty, le professeur de Potions. Ils ont tous deux de hautes responsabilités et au sein de l’AI et au sein de Poudlard, tout en ayant conservé une excellente couverture. Rien à voir avec la direction de Poudlard par Rogue à l’époque, une direction que l’on savait clairement sous la coupe des Mangemorts avec des enseignants ne cachant aucunement leur appartenance au mouvement de Voldemort. Non, le maître-mot de l’Aeternam Irae avait toujours été la discrétion, alors ce n’est pas aujourd’hui qu’ils laisseraient tomber une si bonne couverture suite à quelques succès. Il n’y avait encore que la Luxure de libérée, et il restait six autres péchés à trouver et libérer, tous plus dangereux et mortels les uns que les autres.

C’est dans cette optique de discrétion que le professeur de Sortilèges avait souhaité accueillir le Ministre Wieder dans son bureau, seul lieu où il savait que personne ne pouvait l’espionner. Un exemple très simple : il n’y avait aucun tableau dans son bureau ! Pourquoi ? Parce que comme tout le monde le sait, les personnages de tableaux peuvent voyager d’un tableau à l’autre, et les entrevues du professeur n’étaient pas des dîners-spectacles. Le Ministre Wieder amusait assez le pragmatique Antoine Qvist. Il trouvait en effet assez amusant qu’un homme de cet âge ait su conserver une très grande malice, malice qui se devinait aisément par le pétillement permanent dans son regard. Amusant et étonnant, car comme chacun doit s’en douter, l’Aeternam Irae n’abrite pas d’enfants de chœurs loin de là, et même si Antoine ignorait le détail des exactions de son camarade, il ne pouvait qu’être sûr de la noirceur de ces actes. Un étrange et passionnant oxymore somme toute, une âme sombre dans un corps jovial, aux regard brillant, au sourire facile et à la bienséance surfaite mais agréable. C’était un homme qui aimait les mondanités, cela se voyait et s’entendait. Antoine y était habitué, ayant été élevé dans une famille de nobles français le traînant de force quand il était jeune dans des soirées et autres galas épuisants. Mais très vite, ces soirées étaient devenues un amusement pour l’aîné des Qvist, juste au moment où son adolescence prit le pas sur son enfance, et où son corps prit la voie donnant le beau jeune homme qu’il était aujourd’hui. Poli, respectueux et empli de bonnes manières, il savait plaire, il savait charmer et attendrir, ce qui avait toujours tourner en sa faveur lors de ces soirées. Chacun voyait en lui l’enfant modèle, la fierté de ses parents, et aucun ne se doutait déjà de l’abîme de noirceur qu’était son âme. Bien entendu, il avait vite profité de ses talents de garçon bien éduqué pour déflorer quelques jeunes filles sensibles à ses charmes, mais aussi quelques garçons à l’occasion. Il avait d’ailleurs une légère préférence pour ces derniers, car toujours plus vivants au moment de l’acte que les femelles passives au coup gracile cerclé de perles et au sein bien ferme. Et même à l’époque, il faisait déjà preuve de discrétion, son appétit sexuel ne devant pas transparaitre, surtout celui pour que les garçons, bien que les époques étaient en train de changer et que sa propre famille n’y trouvait plus rien à redire, préférant maudire les unions bâtardes entre sorciers et moldus qu’entre sorciers de même sexe. En parlant de mondanités, le Ministre adjoint n’en tarissait jamais, ce qui fit sourire aimablement Antoine. Vous savez, ce genre de sourire flamboyant, qui fait fondre même les jeunes filles les plus frigides. Un large sourire aux dents blanches et bien alignés, entre deux lèvres fines et rosées…

- Je vous remercie pour tant d’amabilités M. le Ministre adjoint. C’est un réel plaisir de vous faire découvrir ce modeste bureau où j’ai tenté de reproduire comme je le pouvais l’élégance de ma France natale. Heureusement, Loisel est une aide incommensurable pour donner un accent typiquement français à ce décor.
Loisel, vous me mettrez deux sucres je vous prie.


Antoine écouta ensuite très attentivement ce qui lui racontait Ferdinand. Bien que lui-même et le nouveau Ministre de la Magie faisaient partie du même camp, ils ne se connaissaient pour finir assez peu, et de manière générale Antoine fréquentait assez peu les autres membres de l’AI. Non pas qu’il soit antipathique, mais il ne les connaissait que de manière assez superficielle, il ne connaissait d’eux que la partie émergée de l’iceberg de leur personnalité. Mais la partie que lui montrait aujourd’hui Ferdinand plaisait beaucoup à Antoine, car c’était ainsi que lui-même penser, à tous points de vue, tant au niveau de la stratégie à adopter que le rythme à laquelle leur prise de pouvoir devait se faire. L’inaction était un souci qu’il fallait éviter à tout prix, le professeur le savait bien. Lui-même l’avait constaté dans les nombreux livres d’histoire qu’il avait eu l’occasion d’étudier pendant ses études. Tous les gouvernements qui n’avaient pas su faire preuve de réactivité avaient été mis à sac, et renversés plus vite qu’il ne l’aurait fallu. Ainsi, en France, c’est un peu ce qu’il s’était passé avec la Révolution Sorcière de 1756, soit plus de 30 ans avant son homologue moldue. La Reine sorcière de l’époque, la Reine Mathilde IV, était trop peureuse et n’avait pas osé s’opposer au Parlement sorcier qui demandait toujours plus de démocratie. Elle laissait les choses faire et leur donner ce qu’ils voulaient, ce qui avait eu le don d’agacer les plus royalistes de ses sujets, la famille des Qvist s’en souvenait pour avoir participé à certaines batailles particulièrement sanglantes. Avait alors abouti la Tyrannie des Moins Nés comme ils aimaient s’appeler. La famille royale avait quasiment été entièrement décimée, l’Assemblée du Hasard Démocratique penchant vers une justice complètement discrétionnaire, sans aucune base juridique. Cette période était une période noire pour tous les sorciers français, en tout cas pour les plus honorables. Heureusement, dès 1857, date du coup d’Etat du dernier héritier mâle le Prince Louis-Alphonse, qui deviendra le futur Roi Louis-Alphonse II. Un Roi qui rendit à la France toute sa beauté monarchique. Cette société oligarchique manquait cruellement aux sorciers britanniques, et on en voyait le résultat : une hybridation horrible avec tous ces sang-mêlés. Au moins en France, les sorciers vivent heureux sous le règne du Roi Nicolas IV. Ferdinand rappelait à Antoine toute cette préciosité, et il était d’accord avec lui sur le risque de l’immobilité.

- Je vous rejoins totalement sur ce sujet Ferdinand, comme vous je pense que nous ne pouvons rester trop longtemps inactifs. Nous devons donner une certaine illusion, celle d’une lutte vraisemblable contre l’Aeternam Irae car pour le moment les sorciers de base pensent tous que nous sommes un danger. Une fois que nous aurons prouvé que sous notre coupe leur sécurité est assurée, l’Aeternam Irae sera acceptée d’autant plus facilement. Mais j’ai foi en notre nouveau ministre je sais qu’il saura agir rapidement pour répondre aux attentes du peuple.

En tout cas, vous savez parfaitement masquer vos inquiétudes sous votre air jovial, c’est parfait pour renforcer la confiance des autres en soi. J’utilise à peu de chose près la même psychologie avec mes élèves, avec qui le courant passe très bien. Certains sont d’ailleurs particulièrement remarquables, la relève est assurée.

Antoine ne mentait pas en disant cela, il était venu à Poudlard certes dans le but de surveiller et de s’y implanter, pour mieux prendre le contrôle des opérations mais aussi pour influer directement sur les élèves et repérer certains élèves susceptibles de soutenir leur mouvement. Pour le moment, il était bien trop tôt pour dire qui serait capable de les soutenir, mais personne ne pouvait durablement tromper l’esprit d’analyse d’Antoine. Aussi bien lui-même était insondable, d’où son surnom de Marteau dans l’Aeternam Irae, autant il n’avait aucun mal à détecter les intentions d’autrui. Ainsi, depuis son arrivée, il avait installé pendant ses cours un système de compétition, récompensant les meilleurs élèves à chaque cours, pour distinguer l’élite de Poudlard. L’élite  leur serait indispensable car on ne gagne pas une guerre avec de simples pions, il faut des sorciers puissants. La puissance et l’intelligence étaient les deux critères que retenait Antoine pour repérer les bons éléments. Autant dire que ses cibles n’étaient ni Poufsouffle ni Gryffondor. L’enseignant avait construit son propre petit réseau, et il savait que son collègue le professeur Doherty faisait de même, mais avec une méthode différente. Chaque membre de l’Aeternam Irae le faisait, car ce réseau avait besoin d’être étendu.

Antoine buvait tranquillement, par petite gorgée, son thé aromatisé aux fruits rouges avec un soupçon de cardamone et de vanille – bien entendu, vous aurez compris qu’il s’agit de feuilles de thé magiques donnant le goût préféré du goûteur, ainsi il serait fort étonnant que Ferdinand ait le même thé qu’Antoine. Loisel, le valet fantôme, était reparti se positionner contre le mur de la pièce, à côté d’une des fenêtres donnant sur le parc de Poudlard, la tête droite, le regard fixe. Le Français pouvait compter sur lui, jamais il ne le trahirait. Et apparemment, Ferdinand souhaiterait également pouvoir compter sur Antoine… Celui-ci laissa finir son interlocuteur, et prit quelques instants pour répondre.

- Je me doutais que votre venue aurait un lien avec ce genre de mission. Comme vous le savez, je suis fidèle à notre cause plus que quiconque. Vous apporter des conseils en vue de réforme me semble en effet très intéressant, mais je ne souhaite pas que des soupçons puisent peser sur moi ici à Poudlard. Je vous propose donc quelque chose de plus subtile, bien que votre idée le soit déjà bien assez, mais je préfère trop de précautions. Le pragmatisme à la française je crois bien
– petite sourire charmant. Je pense que vous devriez, de par vos fonctions, directement vous adresser à la Directrice de Poudlard, et lui demander, par simple politesse si je peux vous apporter mon aide pour les réformes de ce nouveau gouvernement, votre choix se portant sur moi de par mon statut de Directeur de Maison. Il faut que cela passe comme s’il n’y avait aucune ambiguïté. Bien entendu je feindrai la surprise quand la Directrice m’en informera. Poudlard a bien entendu besoin du soutien du Ministère, et je vous avoue qu’il manque ici un peu de discipline…

Je me permettrai d’ailleurs de vous faire dès maintenant ma première proposition : réactiver le Club de Duel, pour « rassurer » les élèves. D’autres mesures pourront être mise en place par la suite, comme un couvre-feu par exemple, mais peut-être devons-nous y aller progressivement, il ne faut pas trop les alarmer pour le moment. Il faut y aller en douceur, mais montrer que le Ministère est là pour agir en commun avec Poudlard contre cette « menace ».

Antoine ne voulait surtout pas se compromettre, mais c’est vrai que conseiller le Ministre lui donnerait une certaine influence, et il pourrait jouer la carte de la confiance avec ses collègues, passant pour celui qui ferait remonter leur doléance. La confiance, la pire des faiblesses qu’il puisse exploiter…

- Je ne vous cacherai pas que la Direction a reçu quelques hiboux de parents inquiets. Néanmoins la Directrice a voulu assuré que les élèves étaient en sécurité avec cette Police Magique, qui est très bien vue par les parents et une majorité des professeurs, mais les élèves ne sont pas tous des plus dociles. Notamment les Gryffondors, ils ont tendance à ne pas respecter l’ordre qui leur est imposé, même pour leur sécurité, et j’en ai déjà surpris certains dirent qu’ils voulaient plus de liberté et moins de police. Je pense qu’ils ne sont pas encore assez matures. Et puis il faut dire que cette brigade n’est pas des plus menaçantes, vous avez pu le constater en arrivant, celui qui rencontre le plus de difficultés reste encore le Professeur de Soins aux Créatures Magiques, qui a vu la liste des créatures admissibles en cours se réduire drastiquement. Pour l’instant la Police Magique est bien perçue, elle n’est pas envahissante et ne rentre que rarement dans l’enceinte du château.

Donc seulement quelques plaintes de Gryffondors et du professeur de Soins aux créatures magiques. Ah et cette folle de professeure de divination qui dit que ces brigadiers brouillent les ondes de sa clairvoyance. Une vraie fêlée, cette semaine elle a annoncé près de 3 fois que la magie allait disparaitre.

L’infirmière a par contre remarqué un nombre plus important d’élèves lui rendant visite, dans les jours qui ont suivi l’attentat, des crises d’angoisse chez les plus jeunes notamment, à cause d’une bande de Serpentard qui ont mimé la scène de la mort du journaliste et de l’ancien ministre avec force de détails.


Antoine était confiant, l’attentat n’avait pas occasionné beaucoup de remous à Poudlard pour le moment, la situation était plus que gérable. Il avait fort détaillé la situation mais il était trop méticuleux pour ne pas le faire. Pendant qu’il parlait, il s’était bien installé dans son fauteuil, les jambes croisées, sa jambe droite étant parallèle au sol, cheville au niveau du genou gauche. Il buvait par intermittence son thé, dans sa tasse qui flottait désormais à une vingtaine de centimètres du Français. Il respirait l’assurance, la sympathie et  le garçon de bonne famille, ponctuant chaque phrase de sourires aimables.

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