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 Drunk in the morning

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Hufflepuff ϟ Unafraid of toil

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MessageSujet: Drunk in the morning   Lun 14 Déc - 23:13


Drunk in the morning
Ft. Chelsea&Ecstasy
I

l était 9h34.

Mardi matin.

Ecstasy avait décidé de sécher son cours de runes et de rester dans la salle commune. Elle était savamment étendue sur un fauteuil, tête en bas et pieds accotés sur le dossier du meuble. Sur la table basse devant elle, une bouteille de rhum. Il restait quelques gorgées à peine à l’intérieur … Le liquide ambré brillait de mille feux et ressemblait à du métal fondu sous l’éclairage dansant du feu de cheminée qui ronflait dans l’âtre devant la table. Il était 9h36.

Ecstasy regardait les flammes, le regard absent et paré d’une lueur reconnaissable entre toutes : elle était bourrée. Elle flottait dans un néant de ouate et les brumes de l’alcool lui faisaient oublier qu’elle séchait encore un cours, que ses notes étaient en dangereuse chute libre et qu’elle n’était qu’une lâche, au fond. Qu’elle était faible …

Oui, sous les effets de l’alcool, notre jolie blonde se sentait invincible, ce matin-là. Elle avait l’impression que la réalité distordue qu’elle percevait au travers des effluves de rhum n’était pas qu’un fantasme d’ivrogne. Dans sa cervelle bourrée, elle se voyait plutôt comme une femme forte, que la vie avait éprouvée, mais qui pouvait s’en sortir. Qui ne serait pas une éternelle victime, qui saurait prendre le taureau par les cornes et faire quelque chose de sa vie …

Mais la réalité sembla soudain refaire son chemin dans les méandres tortueux de son esprit et la frappa comme une masse : elle n’était rien de tout cela. Elle en était même bien loin … La femme fatale et invincible qu’Ecstasy s’imaginait être fondit comme neige au soleil dans sa tête, remplacée par le déchet qu’elle était. Elle serra les dents et se redressa, reprenant une position plus normale sur le fauteuil. Elle regarda la bouteille de rhum et secoua la tête. Tout ça n’avait aucun sens … Elle saisit la bouteille et se leva, prenant la direction du dortoir des filles pour la vider dans le lavabo. Rendue à mi-chemin, elle s’arrêta. Elle regarda la bouteille à nouveau … et la vida d’un trait. Elle laissa tomber le bouchon au sol, grimaçant à peine quand l’alcool lui brûla la gorge. Elle avait l’habitude … Puis, la rage s’emparant de nouveau d’elle, elle se retourna et, hurlant de honte et de colère, elle lança la bouteille de toutes ses forces contre le mur de la salle commune. Le verre éclata et les quelques gouttes d’ambre fondue qui subsistaient dans la bouteille ruisselèrent sur la tapisserie et les moulures. Ecstasy demeura longtemps debout, à regarder le dégât et, un peu inconsciemment, à se féliciter d’avoir péter un plomb quand il n’y avait personne.

Il était 9h58.

Elle secoua de nouveau la tête, chancela un peu, esquissa un sourire et leva les bras au ciel. Elle tourna sur elle-même, sa jupe tournoya, elle trouva ça joli. Puis elle perdit l’équilibre et tomba sur les genoux, étourdie et un peu surprise. Elle resta un moment à genoux, incertaine de l'attitude à adopter. Puis elle se mit à rire, tellement qu’elle se retrouva bien étalée sur le dos, riant à gorge déployée sur le tapis jaune doré de la salle. Elle ferma les yeux sans cesser de rire et ses pensées se mirent à tourbillonner derrière ses paupières closes. Elle pensa à sa mère, elle pensa aux élèves de Poudlard, elle pensa à sa vie … elle riait toujours, mais ce n’était plus drôle. Elle en avait plus que marre.

Elle en avait marre d’être bourrée tout le temps. Marre de devoir se geler pour être capable de continuer. Marre d’avoir besoin de plaire aux hommes pour se sentir belle, alors que c’était justement des hommes qui lui avaient fait perdre toute confiance en elle. Marre de ne pas être capable de faire confiance aux autres. Marre d’être toute seule avec elle-même et de se haïr tellement fort qu’elle ne supportait pas son reflet dans le miroir. Marre des cauchemars. Marre …

Elle ne riait plus. Elle était toujours étendue au sol, mais elle avait rouvert les yeux et son regard se perdait dans les volutes de l’alcool et les décorations du plafond. Le rhum avait séché sur les murs et le verre brillait faiblement sous l’éclat du feu mourant.

Il était 10h21.

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Hufflepuff ϟ Unafraid of toil

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MessageSujet: Re: Drunk in the morning   Mar 5 Jan - 5:04




The Pretty Reckless
Burn
Ecstasy & Chelsea
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Il était 9h34.

Mardi matin.

Comme tous les mardis, Chelsea doit se préparer pour le cours le plus ennuyant de tous les temps. Elle qui croyait que les mathématiques du monde moldu ne pourrait jamais trouver un remplaçant en terme de monotonie… elle était loin de se douter qu’elle pouvait tomber sur quelque chose d’aussi… impossible à qualifier ! On poussant un soupir de lassitude, elle commença à suivre les membres de sa propre maison qui avançaient en file indienne comme s’ils se rendaient à l’échafaud. Elle avait l’impression d’avoir marché pendant des jours et des jours… des kilomètres et des kilomètres et pourtant… il n’y avait que 2 minutes depuis la dernière fois qu’elle avait demandée l’heure. Il était seulement 9h36.

La porte se dessinait devant elle…. Aussi attirant que pouvait l’être un troll en habit de soirée. Elle regarda derrière elle la vague de zombies qui attendait doucement de pouvoir entrer dans la pièce. Lorsque la porte s’ouvrit, une odeur de vieux parchemins et de roches mouillées lui monta à la tête et lui donna aussitôt l’envie de vomir le peu de choses qu’elle avait mangé pour le déjeuner. Sur la pointe des pieds, elle évalua les chances qu’elle avait de s’enfuir sans se faire prendre. Elle fit deux pas en arrière, deux misérables pas avant de se faire bousculer : « Alors Drake… on veut sécher les cours ? » Comme elle pouvait détester les élèves de Serdaigle. C’était peut-être les seuls qui pouvaient résister à un cours aussi monotone… « Non… j’ai… oublié mon sac sans ma salle commune… » Mensonge facilement réfutable puisqu’elle l’avait, de façon très visible, accroché sur le dos. « Et après, on s’étonne que les Poufsouffles soient des sans cervelles ? » Quoi ? Un commentaire gratuit qui ne l’aurait aucunement étonné venant de la bouche d’un Serpentard. Faisant la sourde oreille, Chelsea le bouscula violemment en passant derrière lui, lui faisant faire un vol plané vers la poitrine généreuse de sa voisine. Elle ne resta cependant pas pour le voir se sortir de se pétrin, elle avait autre chose à faire de sa journée… comme en profiter, par exemple !

Il était 9h58.

Le chemin vers sa salle commune ne lui avait jamais paru aussi long. Chaque fois qu’elle faisait un pas en avant, elle avait l’impression d’en faire trois en arrières… et pourtant. La peinture qui pourrait finalement la mener à sa salle commune se trouvait devant elle et elle hésitait à chatouiller la petite poire… ou la banane… ou la pomme ? Chelsea avait tendance à oublier, alors elle caressait tout simplement l’entièreté du bol peinturé en se disant qu’il allait s’ouvrir de toute façon et qu’un seul fruit ne méritait pas plus d’amour qu’un autre. Avant tout chose, puisque les cuisines n’étaient pas trop loin, elle se permit d’y faire un petit arrêt. Elle ne savait pas pourquoi elle retardait autant son entré dans une salle qui était devenu, au fil des ans… sa maison. C’est quelque pointe de tarte et une carafe de jus d’orange plus tard qu’elle s’autorisa enfin à entrer dans cette salle du cachot mise à la disposition des blaireaux. Lorsqu’elle entra, la première chose qui la frappa fut l’odeur. Malgré le fait qu’elle disposait d’un plateau avec des pointes de tartes aux pommes, aux fraises et aux myrtilles, elle sentait un arrière-goût qui lui rappela aussitôt la nuit où Ashton avait dû la ramener sur son dos tellement elle était incapable de mettre un pied devant l’autre. En regardant autour d’elle, elle remarqua les morceaux de verre sur le sol… et un peu plus loin des pieds inertes. Elle déposa en toute hâte  le plateau sur la table avant de se jeter sur le corps, paniqué à l’idée d’y trouver une personne morte. Son instinct lui avait-il donc dit de ne pas venir ici seul ? Et si le tueur était toujours là ? Impossible… En avançant de quelque pas, elle reconnue la personne étendue sur le sol, fixant avec insistance le plafond.

Il était 10h21.

« Ecstasy ? » sa voix était douce et faible, comme si elle avait peur de lui faire du mal avec ses simples paroles. Un petit regard sur son amie lui fit comprendre que quelque chose n’allait pas. Sans dire un mot de plus, elle courut dans le dortoir qu’elle partageait justement avec la belle blonde et y prit un vieux morceau de vêtements qu’elle voulait justement recoudre. Elle était nulle en couture. Elle le déchira alors pour un faire un morceau de chiffon et, d’un coup de baguette magique, elle le mouilla pour en faire un compresse. Par la même occasion, elle prit un verre et le remplit d’eau, heureuse que les elfes pensent à leur amener régulièrement de l’eau et des verres propres. Elle descendit voir son amie et, plutôt que de l’aider à se relever, prit sa tête pour la déposer sur ses genoux. Elle déposa le verre près de sa main droite pour qu’elle puisse le prendre facilement si elle le voulait et déposa la compresse contre son front. Elle caressa doucement ses cheveux et souffle : « Tout va bien… je suis là maintenant. »
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Hufflepuff ϟ Unafraid of toil

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MessageSujet: Re: Drunk in the morning   Lun 18 Jan - 20:05


Drunk in the morning
Ft. Chelsea&Ecstasy
U

ne loque.

Voilà ce qu’Ecstasy était quand Chelsea la trouva sur le plancher de la Salle commune. Fixant toujours le plafond, cillant à peine, elle ne remua pas du tout quand son amie se pencha sur elle en l’appelant doucement.

Ecstasy aurait voulu répondre. Mais ses lèvres refusèrent de lui obéir tellement la tempête faisait rage dans sa tête. Rien ne paraissait à l’extérieur, la blondinette ressemblant plus à un cadavre qu’à une pauvre jeune femme aux prises avec ses démons intérieurs. Elle réalisa à peine que Chelsea s’était relevée et avait quitté la pièce. Elle se demanda vaguement où elle était partie, sachant pertinemment que la belle brune ne l’aurait jamais abandonnée comme ça. Quoi que … Elle était tellement abimée que peut-être que même Chelsea n’en pouvait plus. Pendant les minuscules deux minutes pendant lesquelles Chelsea fut absente, Ecstasy se convainquit qu’elle avait réussi à faire fuir la seule amie qu’elle n’ait jamais vraiment eue à Poudlard. Et étonnamment, ça ne lui faisait pas si mal que ça. En fait, si, mais d’une manière plutôt étrange : une partie de la blonde Pouffsouffle était totalement déchirée par ce constat, dévastée de se retrouver seule avec elle-même, mais l’autre partie, elle, s’en fichait royalement. À quoi bon entrainer les autres dans sa chute ? Il n’y avait déjà plus grand monde autour d’elle, alors une de moins …

Jayden l’avait déjà abandonnée, lâchement, sans avertissement. Si Chelsea la lâchait aussi, Ashton ne tarderait sans doute pas à suivre la tendance, lui aussi. Et après … Et bien après, il ne lui resterait vraiment plus rien. Elle tenta vaguement de surmonter la paranoïa, la peur, la panique, le dégoût et l’amertume qui se bousculaient dans sa tête pour faire un rapide calcul de toutes les personnes à l’avoir déjà abandonnée, mais le compte s’élevait si vite qu’elle préféra renoncer. Elle était déjà assez abattue comme ça …

Elle ferma les yeux, mais tout se mit à tourbillonner sous ses paupières closes. Oups … l’alcool frappait fort. Elle rouvrit donc ses yeux vitreux, mais n’aperçut pas le plafond au-dessus d’elle. Au lieu des volutes noires et dorées de sa Salle commune, il y avait devant ses yeux comme une masse emmêlée … de cheveux bruns.

Chelsea.

« Tout va bien …je suis là maintenant. »

Elle ne l’avait pas abandonnée. À travers les brumes et les tourbillons de l’alcool, Ecstasy sentit une chaleur réconfortante se déverser dans sa poitrine et atteindre tous ses membres : son amie, pour une raison qui lui échappait totalement, n’avait pas fui devant sa déchéance. Elle était restée …

« Chels’ … Tu … tu devrais être en cours. »

Ecstasy fronça les sourcils dès le moment où les derniers mots sortirent de sa bouche. Quoi ? Visiblement, l’alcool frappait encore plus fort qu’elle ne le croyait. Ecstasy, la rebelle des rebelles, la fille qui se foutait de tout, et bien plus encore des cours (la preuve étant qu’elle n’y allait même pas elle-même, à ses cours), faisait la morale à la seule amie qui voulait bien lui apporter son aide et son soutien ? Elle marmonna de son mieux :

« Hmmm non. ‘Fin si, du devrais. Mais j’trouve ça mieux que tu sois ici. Mêmesij’leméritepasvraim … »


La fin de sa phrase était quasi incompréhensible et, s’en rendant bien compte malgré son alcoolémie avancée, elle préféra ne même pas la terminer. Elle remua doucement les doigts de sa main droite et senti quelque chose de froid sous ses jointures. Elle tapota l’objet jusqu’à ce qu’elle soit en mesure de l’identifier et, la compresse d’eau froide sur son front aidant, elle réussit à établir le fait que c’était un verre. Elle le saisit maladroitement et, le menant à ses lèvres, elle en renversa la moitié sur le tapis et le quart sur ses vêtements. Malgré tout, elle parvint à boire le reste et l’eau dans sa gorge lui fit un bien fou.
Elle sentait le jean de son amie sous sa nuque, et comprit qu’elle avait dû déposer sa tête sur ses genoux. Une vague de reconnaissance traversa la jeune blonde. Elle ne méritait rien de tous ces soins et pourtant, Chelsea n’avait porté aucun jugement, n’avait même posé aucune question … Lentement, mais sûrement, les émotions négatives qui se faisaient la guerre sous son crâne se firent moins virulentes. Elles étaient toujours là, et Ecstasy était toujours incroyablement bourrée, mais c’était … moins pire, disons.

« J’suis nulle, Chels’. T’devrais te tenir avec des gens moins … nuls. »

Ça n’avait pratiquement aucun sens, mais Ecstasy avait une drôle envie de parler, de vider son sac, de sortir le méchant, comme on dit.

Drôle d’idée, quand on est tellement bourré qu’on se rappelle à peine son nom … Et il n'était que 10h37.


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Hufflepuff ϟ Unafraid of toil

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MessageSujet: Re: Drunk in the morning   Mer 20 Jan - 5:20




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Chelsea caressa les cheveux de son amie un bon moment sans dire un seul mot. Qu’aurait-elle bien pu lui dire de toute façon ? Il suffisait de regarder Ecstasy pour comprendre que cette dernière n’avait plus toutes ses capacités. Elle était, après tout, étendu sur le sol de la salle commune et ne bougeait plus depuis… combien de temps exactement ? La brunette replaça distraitement la compresse en jetant un coup d’œil sur la porte de l’entrée. Heureusement pour elle, les cours étaient commencés et il ne semblait pas y avoir d’autre étudiant à faire l’école buissonnière. Elle poussa un petit soupir de soulagement en se disant qu’elle aurait très certainement le temps de la remettre sur pied avant que les étudiants ne la voient et ne commencent à la juger. Si jamais cela devait se produire, Chelsea n’hésiterait pas une seule chose à jouer la gueule de bois ou autre pour que son amie ne se retrouve pas seule dans le pétrin. « Chels’ … Tu … tu devrais être en cours. » La voix chevrotante de son amie suffit à la ramener sur le plancher des vaches et elle porta sont regard dans celui vitreux d’Ecstasy. Elle fronça les sourcils en même temps que son amie et se retint de lui dire qu’elle-même aurait dû se trouver en cours… mais elle savait bien que cela ne servait à rien, que même si elle lui faisait la morale maintenant, elle ne s’en souviendrait probablement pas plus tard ou lui piquerait une crise. Elle avait besoin de soutient, pas qu’on lui fasse la morale. Étant elle-même surprise de ses paroles, elle répliqua : « Hmmm non. ‘Fin si, du devrais. Mais j’trouve ça mieux que tu sois ici. Mêmesij’leméritepasvraim … » et le blaireau se mit à sourire un peu plus et à enlever les quelques cheveux collés sur son front. Elle n’avait pas tout compris du discours chaotique de la belle blonde, mais elle avait saisi le plus important : elle était heureuse de ne plus être toute seule. « Comme si de vieilles roches pouvaient être plus intéressante que de passer un peu de temps avec toi. Quel genre d’ami je serais, dis-moi ? »

Les mouvements de zombie de la blonde lui firent finalement tomber sur le verre d’eau qui n’attendait que ses lèvres. La jaune et noir hésita un moment, se demandant s’il était une bonne idée de lui venir en aide, mais elle ne fit finalement rien et le regretta quelque peu lorsque la moitié du verre se retrouva absorber… par la moquette et les vêtements de sa collègue. Elle soupira légèrement, plus pour elle-même que pour la situation. Il y avait longtemps qu’elle avait remarqué le tempérament de son amie, qu’elle avait peur pour elle et qu’elle cherchait le moyen de la faire sortir de l’enfer dans lequel elle s’était elle-même emprisonnée. Comment pouvait-on venir en aide à une personne qui refusait que l’on vienne à son secours. La brunette n’était pas du tout idiote et elle se doutait bien que son meilleur ami, Ashton Brennan, faisant lui aussi tout son possible pour la faire sortir de la brume. Elle ferma donc les yeux et se mit à fredonner la même chanson que le faisait sa mère lorsqu’elle était malade, toute petite. Aucune parole, seulement le doux fredonnement qui lui rappelait l’odeur du feu de bois et la main de sa propre maman dans ses cheveux. Aujourd’hui, c’était elle qui tentait de redonner un peu de réconfort à sa belle amie. « J’suis nulle, Chels’. T’devrais te tenir avec des gens moins … nuls. » Chelsea attendit un peu avant de répondre à cela. Non pas qu’elle ne savait pas quoi lui dire, mais plutôt parce qu’elle voulait être certaine de ne pas interrompre Ecstasy. « Arrête de dire des choses aussi… nulles. » Un sourire s’afficha sur ses lèvres et s’entendit dans sa voix. Elle trouvait rigolo d’utiliser le même vocabulaire que son amie bourrée. Elle regarda la pendule de la salle commune et resta surprise.

Il était 10h37.

Les cours n’étaient commencés depuis 37 minutes ? Il lui semblait pourtant qu’elle venait tout juste de courir à son secours. Elle secoua la tête, ne voulant pas y penser d’avantages. Elle trouverait une excuse si l’on devait les trouver ainsi. Chelsea arrêta de caresser les longs cheveux blonds de son amie et prit sa baguette qu’elle déposa contre la compresse. Pour éviter que celle-ci ne se réchauffe, elle la refroidit légèrement afin qu’elle puisse jouir du meilleur confort possible. La brunette était reconnue pour être un véritable bouffon et incapable de garder son sérieux plus de quelques minutes… mais elle savait se contenir lorsque la situation le demandait. Par respect pour son amie, elle décida donc de ne poser qu’une seule et unique question : « Est-ce que tu aimerais que l’on en parle ? » D’un mouvement de tête, elle lui fit un signe rapide en direction des sofas. « Et je crois que l’on serait beaucoup plus confortable là-bas. C’est pas que le plancher n’est pas agréable, mais c’est un peu dor pour le popotin… pour les FESSES. » C’était plus fort qu’elle, elle devait mettre l’emphase sur ce mot. Elle laissa glisser un petit rire avant de lui dire tendrement : « Mais je vais toujours pouvoir te jouer dans les cheveux, si c’est ce qui te persuade de rester sur ce plancher triste et froid. »

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Hufflepuff ϟ Unafraid of toil

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MessageSujet: Re: Drunk in the morning   Mer 20 Jan - 17:14


Drunk in the morning
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« C

omme si de vieilles roches pouvaient être plus intéressantes que de passer un peu de temps avec toi. Quel genre d’amie je serais, dis-moi ? »

Ecstasy resta un court moment sans voix. D’abord parce qu’elle avait bien trop bu et que l’information se rendait très lentement à son cerveau. Mais également parce que ce que son amie venait de dire, c’était très touchant. Très gentil … Et Ecstasy avait un besoin inexprimable de se sentir soutenue, aimée, appréciée … Chelsea, dans sa loyauté et sa gentillesse de Pouffsouffle, était la meilleure personne pour la remettre sur pied ce jour-là. La blondinette se fit une vague réflexion sur la chance qu’elle avait, elle, le déchet humain, de s’être attiré la sympathie d’une fille aussi drôle et pétillante que Chelsea. Elle sourit à travers les brumes de l’alcool qui l’enivrait toujours et soupira à voix basse :

« N’amie normale, j’suppose … »

Ecstasy croyait fermement que n’importe qui d’autre serait entré, l’aurait trouvée ainsi et aurait tourné les talons aussi vite que possible. Personne ne voulait porter un boulet aussi lourd. Personne ne méritait de porter un boulet aussi lourd … Mais Chelsea était une personne à part. Ecstasy tenta de se rentrer ça dans le crâne, de façon à s’en souvenir une fois qu’elle serait de nouveau en état de formuler une pensée cohérente. Il fallait qu’elle arrête de rabrouer Chelsea chaque fois que cette dernière essayait de l’amener à s’ouvrir. Il fallait qu’elle comprenne que c’était pour son bien ! Et étrangement, elle le comprenait plutôt bien avec tout ce rhum qui circulait dans ses veines. Mais à jeun … C’était une tout autre histoire. Ecstasy était passée maître dans l’art de se taper dessus et de se culpabiliser pour tout, sans oublier de se rappeler quotidiennement à quel point la vie était injuste et qu’elle n’avait pas le droit au bonheur. Charmant, n’est-ce pas ?

« Arrête de dire des choses aussi … nulles. »

La blonde Pouffsouffle ne put retenir un rire. Elle marmonna, un sourire dans la voix :

« Eh … j’dis toutes les choses nulles qui m’tentent … »

Elle ferma les yeux, la tête toujours appuyée sur les genoux de son amie, se sentant soudainement plus sereine. Comme si elle venait tout juste de s’apercevoir de la complicité qu’elle pouvait avoir avec Chelsea, du confort qui existait entre elles. Peut-être que si elle parvenait à se rappeler tout ça à jeun, Chelsea pourrait vraiment devenir une bonne amie. Peut-être même sa meilleure … Chose certaine, c’était l’amie la plus loyale et présente qu’Ecstasy ait jamais eu. Il était peut-être temps qu’elle se mette à travailler elle aussi pour cette amitié …

« Est-ce que tu aimerais que l’on en parle ? »

Ecstasy garda le silence un long moment. Oui. Oui, elle voulait en parler. Mais quoi dire ? Dans quel ordre ? Tout dire ? Sinon, sur quoi se taire ? Et par où commencer … ? Elle se cassa la tête pour trouver une réponse, mais dû se rendre à l’évidence : déballer son sac serait long et fastidieux, et elle était bien trop bourrée pour réussir à dire correctement ce qu’elle avait à dire.

« Et je crois que l’on serait beaucoup plus confortable là-bas. C’est pas que le plancher n’est pas agréable, mais c’est un peu dur pour le popotin … pour les FESSES. »

Cette intervention comique mit les réflexions d’Ecstasy sur pause et la jeune blonde rigola vaguement. Son amie ne pouvait jamais s’empêcher de dire des bêtises, mais ça lui faisait du bien, à ce moment-là. Peut-être qu’Ecs’ devait apprendre à rire plus … Elle avait lu quelque part que c’était bon pour la santé.

« Mais je vais toujours pouvoir te jouer dans les cheveux, si c’est ce qui te persuade de rester sur ce plancher triste et froid. »

Ecstasy réalisa soudain plus lucidement où elle se trouvait : sur le plancher effectivement triste et froid de sa Salle commune. Elle tenta de se redresser un peu trop vite et sa tête tourna tellement qu’elle dû se retenir sur un fauteuil pour ne pas s’étaler de nouveau de tout son long.
Debout, d’un équilibre précaire, elle posa les yeux sur son amie et se sentit remplie de tendresse à son égard. Chelsea était la première personne à réellement s’occuper d’elle … avec Ashton, peut-être. Alors elle chuchota tout simplement, comme si rien n’avait eu lieu entre la question de son amie et sa réponse :

« Oui … je voudrais en parler. »

Elle referma la bouche pour ne rien dire de plus, pour empêcher les mots de déborder, mais elle ne réussit pas.

« Mais j’sais pas par où commencer, n’quoi dire, ni même si on a l’temps pour ça … »

Elle soupira. C’était une mauvaise idée de la faire parler quand elle avait bu. Elle devenait soudainement très loquace … et ce n’était pas toujours pour le mieux. Elle se laissa tomber sur le fauteuil, oscillant entre le découragement le plus total et l’espoir de se libérer enfin d’un poids …

L’armure de la belle Ecstasy se fendilla gravement.

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Hufflepuff ϟ Unafraid of toil

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MessageSujet: Re: Drunk in the morning   Dim 24 Jan - 22:11




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« N’amie normale, j’suppose … » Chelsea préféra ne rien dire de plus. Que pouvait-elle bien dire de toute façon ? Elle se contenta de regarder le faible sourire qui s’affichait sur le visage fatigué de son amie. L’alcool pouvait jouer de si mauvais tour à un être humain et la brunette se souvenait sa toute première expression de cuite. Elle ne voulait pas revivre le malaise du lendemain matin… alors quand elle pensait à Ecstasy qui buvait si souvent, elle n’en avait que la plus grande conviction qu’elle n’allait pas du tout bien. Mais n’est-ce pas dans ces moments, quand on touche le fond du rouleau, qu’il est important de savoir sur qui l’on peut compter et qui sera toujours à nos côtés ? Lorsque le blaireau lui dit de ne plus dire de chose nulles, elle se réjouit d’entendre un rire traverser les lèvres de son amie meurtrie. Le rire, c’était l’élixir qui permettait à Chelsea de rester la personne qu’elle était, d’être une aussi bonne amie. Elle ne pouvait alors s’empêcher de faire le pitre. « Eh … j’dis toutes les choses nulles qui m’tentent … »Chelsea afficha alors un petit sourire en coin, prête à argumenter avec elle. Elle ne voulait pas non plus trop pousser, ne sachant pas si Ecstasy était en pleine maitrise de ses capacités. « Ce qui est bon pour pitou est bon pour minou » Elle ferma les yeux en attendant, appréciant seulement le moment qu’elle passait avec sa très chère amie. Il aurait pu être encore plus parfait, si elle ne l’avait pas retrouvé étendu sur le sol de la Salle commune.

Chelsea avait proposé à Ecs de discuter de toute ¸ac et elle eut pour réponse un silence gênant. Elle ne tenta pas de réitérer ou d’ajouter de l’huile sur le feu. Elle savait que, si Ecs voulait parler, elle finirait très bien par le faire par elle-même sans l’aide de personne. Pour détendre un peu l’atmosphère qui semblait maintenant légèrement tendu, depuis qu’elle avait mis le doigt sur le « bobo » elle avait fait la seule chose qu’elle savait bien faire : Dire des bêtises. Le peu de rire qu’elle entendait venant de son amie lui mit un peu de baume au cœur. Lorsque la blonde se décida à se relever, la brunette la regarda, incertaine. Elle ne devait pas être très forte sur ses jambes, puisqu’elle se rattrapa rapidement sur le fauteuil le plus près. Chelsea la regarda faire en grimaçant, ne sachant pas si elle prendrait très bien le fait qu’elle l’aide à se tenir debout. Elle ramassa tout ce qui se trouvait par terre et le déposa sur la table la plus près. La voix de son amie la fit un peu sursauter. « Oui … je voudrais en parler. » Chelsea fit volteface pour la regarder, alors qu’elle affichait un regard rempli de tristesse. La voir dans cet état, ça lui faisait mal. « Mais j’sais pas par où commencer, n’quoi dire, ni même si on a l’temps pour ça … » Chelsea garda le silence. Ecstasy se laisse tomber sur un fauteuil et vacilla légèrement. Chelsea se jeta sur elle pour l’aider, mais se retint juste à temps. Plutôt que de prendre place à ses côtés, elle préféra s’asseoir sur la table basse en face de la belle blonde. Elle était prête à l’écouter.

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MessageSujet: Re: Drunk in the morning   Sam 30 Jan - 23:34


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P

ar où commencer ?

Ecstasy en avait gros sur la conscience. Il était difficile de résumer les horreurs dont elle avait été victime et qui l’avaient abîmée à un tel point qu’elle se croyait elle-même irréparable. Dès sa naissance, elle n’avait été qu’un fardeau pour sa mère qui n’avait jamais voulu d’elle. La petite fille n’était qu’un accident, une erreur de parcours perpétrée alors que sa mère était trop gelée pour penser à se protéger. D’ailleurs, si sa génitrice avait été plus à son affaire, Ecstasy ne serait même pas née : quand sa mère s’était aperçue de sa grossesse, elle avait voulu se faire avorter. Verdict ? Impossible, elle en était déjà à 25 semaines de grossesse. Et bien sûr, Ecstasy s’était fait raconter cette histoire tellement de fois qu’elle était en fait son tout premier souvenir.

Oui, Ecstasy se revoyait, toute petite, assise sur le carrelage de la cuisine, de la saleté plein la bouche parce que personne ne lui disait qu’il ne fallait pas faire ça, et sa mère, à demi nue, assise à la table avec un homme flou, expliquant la présence incongrue de l’enfant sur le sol.

La jeune Pouffsouffle remonta le fil de ses souvenirs, puis se racla la gorge. Si elle voulait parler, il fallait qu’elle utilise des mots, qu’elle le fasse à voix haute … Se remémorer tout ça dans sa tête, elle l’avait fait tant de fois … ça n’avait jamais été tellement thérapeutique. Mais peut-être que s’ouvrir … s’ouvrir réellement, à quelqu’un en qui elle pouvait avoir une totale confiance, alors que ça, peut-être, ça l’aiderait !

« C’est … c’est bizarre de parler de ça. C’est devenu un tabou, pour moi … quelque chose dont je ne me souviens que toute seule, pour moi-même. J’ai l’impression de raconter l’histoire de quelqu’un d’autre dès que j’ouvre la bouche pour parler de ça. »

Son élocution était étrangement devenue très nette. Pas qu’elle ait complètement dessaoulé, loin de là, mais cette histoire, cette triste histoire qui était la sienne, semblait lui rendre sa capacité à parler. Peut-être parce qu’il était temps qu’elle la partage …

« Alors si tu veux bien je … je vais te raconter cette histoire. Ce … ce n’est pas une belle histoire. »

Ecstasy ferma les yeux, laissant le monde tourbillonner un instant sous ses paupières closes. Dans son esprit embrumé, les mots se mettaient en place.

« Il était une fois … Non. Pas ‘'Il était une fois’’ … c’est pas un conte de fée. Je recommence. Un jour, une enfant est née. C’était un jour moche, rien d’intéressant ou de beau ne s’est produit ce jour-là. Pas même la naissance de l’enfant. Ce n’était pas un beau moment … Layla – c’est le nom de ma mère – a accouché sur le sol de son salon. Un petit matin d’automne, le 12 septembre. Avec elle, y’avait un dealer. Un dealer de drogue qui s’appelait Nolan Woods. Comme Layla ne savait pas qui était le vrai géniteur de cette enfant qu’elle ne voulait pas, elle décida que ce serait lui, le père de la petite fille qu’elle venait de mettre au monde. Une pourriture de dealer de drogue. »

Ecstasy serra les dents au souvenir de cet homme. Si elle l’avait revu aujourd’hui, elle lui aurait craché au visage.

« Pendant 7 ans, la petite fille a vécu la majeure partie de sa vie sous la table de la cuisine ou sous l’évier de la salle de bain du sous-sol. Cet endroit-là, c’était son refuge : la porte se verrouillait, alors la petite fille pouvait jouer à l’infirmière avec la seule poupée qu’elle ait jamais eu sans que personne ne vienne la déranger. Quand sa mère se shootait à l’héroïne dans la salle de bain du sous-sol, la petite fille montait se réfugier sous la table de la cuisine. Parfois, ça allait. Mais parfois, Nolan passait par là et avait besoin de se défouler. De taper sur quelque chose. Quoi de mieux qu’une petite fille de 3 ans … c’était un charmant punching bag. »

La demoiselle s’arrêta un instant. C’était tellement étrange de raconter tout ça … à la fois douloureux et incroyablement libérateur. Elle continua.

« Quand la petite fille eut 4 ans, le dealer de drogue décida qu’il en avait marre de sa junkie de mère et que la fillette lui tapait sur les nerfs. Alors il est parti. La petite fille a cru que ça irait mieux … Mais si ce n’était pas Nolan qui lui tapait dessus, alors c’était Sam. Ou Oliver. Ou un autre. Une fois, quand elle a eu 7 ans, il y en a un qui l’a battue tellement fort qu’elle a perdu connaissance. Sa mère n’a même pas appelé l’ambulance, parce qu’elle était trop gelée pour comprendre, ou pour s’en soucier. Alors la petite fille a appelé elle-même. Après ça, la fillette n’a plus voulu retourner chez elle. Elle s’est enfuie. »

Ecstasy sentit les larmes monter et serra les poings pour les empêcher de couler. Elle avait de l’expérience pour cacher ses émotions d’une main de maître … les larmes ne quittèrent jamais ses yeux.

« Elle a passé beaucoup de temps dans la rue. Des mois. Avec … quelqu’un qu’elle pensait pouvoir adopter comme sa famille. Quelqu’un qui lui avait fait croire à un avenir meilleur, un futur dans lequel elle ne se battait pas toute seule. Mais cette personne est partie, comme toutes les autres. Et la petite fille a été ramenée chez elle … »

Le regard de la belle Pouffsouffle se durcit. Elle ne voulait pas penser à lui. Cet homme-là n'était pas mieux que les autres, en fin de compte.

« L’histoire ne donne pas les détails de l’enfer que la fillette a enduré là. Ce ne sont pas de beaux détails, et la petite fille a essayé de les oublier de toutes ses forces. Trop de fois elle s’est fait frapper. Trop de fois elle s’est fait abuser. Elle préfère ne pas y penser … Mais la petite fille, un jour, a reçu une lettre. Une lettre qui aurait pu changer sa vie … Mais Poudlard n’a pas été à la hauteur. Poudlard n’a pas pu redorer la petite fille, qui était trop abîmée. Balafrée jusqu’à l’âme … Impossible à recoudre. »

Ecstasy soupira légèrement.

« La petite fille vieillissait, mais ne changeait pas. Elle était devenue une trainée, comme sa mère. Un corps bien joli, mais une âme déchirée. Rien à faire … la petite fille a grandi, mais elle est encore une petite fille. Elle s’est construit une carapace bien solide, pour la protéger contre la vie. Puisque personne ne pouvait se porter garant d’elle, alors elle apprendrait à ne plus jamais se faire blesser. Et l’armure est si solide … que même lorsqu’elle se fend, elle ne se brise pas. Il en reste toujours des vestiges, partout, autour du cœur de la petite fille, autour de tout ce qui fut un jour beau et bon en elle … »

Ecstasy leva son regard embué d’alcool sur son amie. Elle se demanda si Chelsea avait su voir le bon en elle, et si c’était pour ça qu’elle était son amie. Elle se demanda si Chelsea savait qu’elle chantait. Qu’elle dessinait. Qu’elle rêvait, même, parfois. Elle se demanda si les élèves de Poudlard pouvaient voir autre chose d’elle que la trainée qu’elle était. Elle murmura :

« Un cœur obscur dans un corps solaire … »

Voilà ce qu’elle était. Une étoile éteinte dans une galaxie en flammes.

Son armure sembla se solidifier légèrement autour d’elle : si Chelsea devait la repousser, elle ne flancherait pas. Non … elle avait été vulnérable, dans les derniers jours. Mais c’était terminé.

Elle pouvait redevenir cette énigme qu’elle avait si longtemps été.

Mais en fait … au plus profond d’elle-même, elle espérait plutôt être sauvée de ce gouffre au fond duquel elle s’était enfouie.

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MessageSujet: Re: Drunk in the morning   Dim 31 Jan - 4:47

Chelsea Drake a écrit:



The Pretty Reckless
Burn
Ecstasy & Chelsea
<3
« You want me to burn
Want me to burn
Want me to hurt
And maybe I will finally learn »
Chelsea resta silencieuse pendant un bon moment, attendant simplement et religieusement que son amie veuille bien lui parler de son histoire. Quelque part, au plus profond de son cœur, elle savait qu’il s’agirait du point de non-retour et qu’elle ne pourrait plus jamais regarder la belle blonde de la même façon une fois qu’elle connaitrait tout son parcourt. Lorsqu’elle se racla la gorge, la brunette ressentit alors un grand frisson la parcourir et elle se sentit coupable. Coupable de faire revivre à son amie des moments aussi sombres de son existence. Quelle amie ingrate et sans cœur elle pouvait bien être. Elle comprenait maintenant pourquoi elle en avait si peu… elle ne pouvait pas les garder en étant aussi invivable. Elle allait demander pardon à Ecstasy lorsque sa douce voix, enroué par l’alcool monta finalement jusqu’à ses oreilles. « C’est … c’est bizarre de parler de ça. C’est devenu un tabou, pour moi … quelque chose dont je ne me souviens que toute seule, pour moi-même. J’ai l’impression de raconter l’histoire de quelqu’un d’autre dès que j’ouvre la bouche pour parler de ça. » Chelsea fronça les sourcils, mordillant l’intérieur de sa joue avec beaucoup plus de force qu’elle ne le voulait. Elle en était maintenant certaine : pousser son amie à lui parler ainsi n’était pas du tout la bonne idée, surtout dans l’état qu’elle se trouvait. La dernière chose qu’elle souhaitait, c’était qu’Ecstasy lui revienne un jour en lui disant qu’elle avait profité de sa naïveté et de sa faiblesse. Le ton de voix de son amie avait changé et une petite lueur brilla dans les yeux de Chelsea, comme si elle comprenait maintenant que c’était une étape nécessaire dans le cheminement personnel d’Ecstasy. « Alors si tu veux bien je … je vais te raconter cette histoire. Ce … ce n’est pas une belle histoire. » La tension dans sa mâchoire se relâcha et elle goûta son propre sang. Elle n’avait même pas remarqué qu’elle serrait les dents aussi fort. Était-elle empathique à ce point qu’elle pouvait ressentir que l’histoire de la jolie blonde ne serait que souffrance ?

La jaune et noire ferma les yeux et Chelsea prit une grande inspiration, comme si elle cherchait le courage qu’il fallait pour son amie. « Il était une fois … Non. Pas ‘'Il était une fois’’ … c’est pas un conte de fée. Je recommence. Un jour, une enfant est née. C’était un jour moche, rien d’intéressant ou de beau ne s’est produit ce jour-là. Pas même la naissance de l’enfant. Ce n’était pas un beau moment … Layla – c’est le nom de ma mère – a accouché sur le sol de son salon. Un petit matin d’automne, le 12 septembre. Avec elle, y’avait un dealer. Un dealer de drogue qui s’appelait Nolan Woods. Comme Layla ne savait pas qui était le vrai géniteur de cette enfant qu’elle ne voulait pas, elle décida que ce serait lui, le père de la petite fille qu’elle venait de mettre au monde. Une pourriture de dealer de drogue. » Elle fit la douleur de son amie et resta un moment sans mot, comme si toutes pensées venaient de quitter son esprit. Elle avait la tête vide et elle ne pouvait que tourner sans cesse les images de cette histoire dans sa tête. Elle ne la connaissait pas et ne l’avait jamais vécu… mais elle comprenait très bien ce qu’elle voulait lui dire, tellement son histoire était vibrante et vérité et d’émotions. « Pendant 7 ans, la petite fille a vécu la majeure partie de sa vie sous la table de la cuisine ou sous l’évier de la salle de bain du sous-sol. Cet endroit-là, c’était son refuge : la porte se verrouillait, alors la petite fille pouvait jouer à l’infirmière avec la seule poupée qu’elle ait jamais eu sans que personne ne vienne la déranger. Quand sa mère se shootait à l’héroïne dans la salle de bain du sous-sol, la petite fille montait se réfugier sous la table de la cuisine. Parfois, ça allait. Mais parfois, Nolan passait par là et avait besoin de se défouler. De taper sur quelque chose. Quoi de mieux qu’une petite fille de 3 ans … c’était un charmant punching bag. » Ecstasy s’arrêta et Chelsea remarqua enfin qu’elle avait arrêté de respirer. Elle inspira, ressentant une douleur cuisante dans sa cage thoracique, comme si elle était en train de se noyer. Elle avait, justement, de l’eau sur son visage. Elle pouvait le sentir qui coulait contre ses joues… mais elle ne se noyait pas, non, elle pleurait. Elle pleurait pour Ecstasy et l’enfance heureuse qu’elle n’avait pas connue. Elle se revit alors, au même âge, courant dans son jardin ensoleillé, suivit par ses frères et sa sœur… et les nuages passèrent alors devant le soleil de ses souvenirs. Comment pouvait-elle être heureuse alors que d’autre souffrait autant ? « Quand la petite fille eut 4 ans, le dealer de drogue décida qu’il en avait marre de sa junkie de mère et que la fillette lui tapait sur les nerfs. Alors il est parti. La petite fille a cru que ça irait mieux … Mais si ce n’était pas Nolan qui lui tapait dessus, alors c’était Sam. Ou Oliver. Ou un autre. Une fois, quand elle a eu 7 ans, il y en a un qui l’a battue tellement fort qu’elle a perdu connaissance. Sa mère n’a même pas appelé l’ambulance, parce qu’elle était trop gelée pour comprendre, ou pour s’en soucier. Alors la petite fille a appelé elle-même. Après ça, la fillette n’a plus voulu retourner chez elle. Elle s’est enfuie. » Encore une fois, elle ne respirait plus. « Elle a passé beaucoup de temps dans la rue. Des mois. Avec … quelqu’un qu’elle pensait pouvoir adopter comme sa famille. Quelqu’un qui lui avait fait croire à un avenir meilleur, un futur dans lequel elle ne se battait pas toute seule. Mais cette personne est partie, comme toutes les autres. Et la petite fille a été ramenée chez elle … » Intérieurement, Chelsea maudit cette personne qui avait si lamentablement laisser tomber un bourgeon qui ne demandait qu’à éclore. Elle fut en colère de ne pas l’avoir connue aussi jeune, de ne pas être tombée sur elle à ce moment-là. Elle aurait fait des caprices pour que son père l’accepte dans sa famille. Ils n’auraient jamais pu lui dire non, à cette petite étoile qui perdait son éclat. Le regard embuer de larmes de Chelsea se figea sur celui d’Ecstasy et elle remarqua qu’elle ne pleurait pas. Alors, elle le ferait pour elle. « L’histoire ne donne pas les détails de l’enfer que la fillette a enduré là. Ce ne sont pas de beaux détails, et la petite fille a essayé de les oublier de toutes ses forces. Trop de fois elle s’est fait frapper. Trop de fois elle s’est fait abuser. Elle préfère ne pas y penser … Mais la petite fille, un jour, a reçu une lettre. Une lettre qui aurait pu changer sa vie … Mais Poudlard n’a pas été à la hauteur. Poudlard n’a pas pu redorer la petite fille, qui était trop abîmée. Balafrée jusqu’à l’âme … Impossible à recoudre. La petite fille vieillissait, mais ne changeait pas. Elle était devenue une trainée, comme sa mère. Un corps bien joli, mais une âme déchirée. Rien à faire … la petite fille a grandi, mais elle est encore une petite fille. Elle s’est construit une carapace bien solide, pour la protéger contre la vie. Puisque personne ne pouvait se porter garant d’elle, alors elle apprendrait à ne plus jamais se faire blesser. Et l’armure est si solide … que même lorsqu’elle se fend, elle ne se brise pas. Il en reste toujours des vestiges, partout, autour du cœur de la petite fille, autour de tout ce qui fut un jour beau et bon en elle … » Ecstasy la regarda enfin… mais Chelsea ne voyait que l’alcool dans le bleu de ses yeux.

« Un cœur obscur dans un corps solaire … » Chelsea laissa échapper un sanglot avant de se lever et de se jeter dans les bras de son amie blonde. Elle pleura à chaudes larmes et pendant de longues minutes, pour celle qui ne pouvait visiblement pas le faire. Elle quitta ses bras, les yeux rougit et caressa doucement son visage, avec un petit sourire. « Ecs… » Mais elle remarqua alors quelque chose dans les yeux de son amie qui la peina énormément. Comme si elle venait véritablement de raconter l’histoire d’une autre personne, comme si elle était maintenant à des années lumières de cette salle commune et qu’elle ne voulait plus du tout parler. Le cœur du petit blaireau se fendilla, ne comprenant pas comment l’on pouvait vivre dans un monde aussi noir. « Je suis là… et je serai toujours là. » Elle inspira fortement avant de venir balayer les larmes sous ses yeux. Sans un mot de plus, remarquant qu’elle devenait encore cette coquille, elle se leva et prit la direction des débris de verre qui était la preuve de son égarement. Pour éviter le moindre ennuie à son amie, elle commença à nettoyer le tout, lui laissant par le fait même un peu d’espace et d’intimité pour qu’elle puisse pleinement vivre toutes les émotions qui devaient se battre en elle. « Quand tu seras prête, dis le moi et je vais revenir te voir. On fera quelque chose de drôle ! » Elle se reconcentra sur sa tâche, incapable de ne pas faire tourner en boucle les images qui dansaient dans sa tête : L’histoire tragique d’Ecstasy Woods.

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Madness

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And some kind of madness it started to evolve
I tried so hard to let you go
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Hufflepuff ϟ Unafraid of toil

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MessageSujet: Re: Drunk in the morning   Ven 26 Fév - 17:12


Drunk in the morning
Ft. Chelsea&Ecstasy
L

e visage de Chelsea était tout barbouillé de larmes.

Ecstasy, pendant un instant, se demanda confusément pourquoi son amie pleurait ainsi. Elle ne comprenait pas que c’était son histoire, son enfer, qui avait fait autant de peine à Chelsea. En fait, si, elle comprenait … mais elle n’en pouvait plus des larmes. Elle-même n’en avait plus beaucoup à verser, après avoir passé tant de temps à déverser toute sa colère et sa tristesse par ses larmes. Elle avait tant pleuré … plus jeune, Ecstasy s’était même demandé si elle pleurerait un jour des larmes de sang, tant la douleur devenait insoutenable. Après s’être fait cette réflexion, elle s’était d’ailleurs juré de tout essayer pour calmer la douleur. C’est à ce moment-là qu’elle avait essayé, pour la première fois, une drogue dure.

La jeune blonde secoua la tête. Elle avait bêtement rouvert la blessure … raconter cette histoire, c’était permettre à tous les souvenirs qui y étaient rattachés de remonter à la surface. Quelle idiote. Elle le savait, pourtant : chaque fois qu’elle s’était risquée à raconter cette histoire, elle s’était retrouvée dans un état pire qu’avant par la suite. Et les larmes sur les joues de Chelsea lui donnaient envie de frapper quelqu’un.

Elle n’en pouvait plus, des larmes.

Mais son raisonnement agressif fut interrompu par le câlin inattendu de Chelsea. Surprise, Ecstasy ne réagit pas. Stoïque, elle chercha une explication derrière l’empathie démesurée de la belle jaune et noir. Peut-être qu’elle n’avait pas assez souffert dans son enfance … parce qu’Ecstasy savait qu’elle ne pourrait jamais être aussi empathique que son amie. Elle ne pouvait pas supporter plus de douleur qu’elle n’en supportait déjà. Le trou dans sa poitrine s’élargit brusquement et la respiration de la blondinette se bloqua subtilement. Elle serra les dents, Chelsea toujours serrée contre elle, et suffoqua un bref instant avant d’être capable de reprendre son souffle.

« Ecs’ … »

Ecstasy regarda son amie. Son regard était vide, sauf pour les vapeurs d’alcool qui s’y effilochaient encore. Et une lueur de désespoir … la pensée cauchemardesque qu’elle allait replonger. Qu’elle s’était lancée d’elle-même dans le gouffre, comme une imbécile.

« Je suis là … et je serai toujours là. »

Ecstasy secoua la tête, incapable de répondre. Pourquoi ? Pourquoi Chelsea voulait-elle rester près d’elle, alors qu’elle était un fardeau, une loque, une jeune femme brisée ? Était-ce … de la pitié ? À cette pensée, le regard d’Ecstasy se voila d’un linceul de colère incandescente. Elle ne voulait pas de pitié. Seuls les faibles et les lâches méritaient la pitié. Et Ecstasy ne pourrait supporter d’être vue comme une lâche. Elle savait, pourtant, que de se défiler dans l’alcool, les drogues et les hommes était une marque cruelle de lâcheté, mais elle ne voulait pas y penser. Elle devait s’accrocher à cette illusion dans laquelle elle était une femme forte que la vie avait poussée à bout, jusqu’à la tordre si fort qu’elle était maintenant trop amochée pour être réparée. Elle ne pouvait laisser la pensée qu’elle était en fait tout le contraire faire son chemin dans sa tête, parce qu’alors, elle serait perdue. Elle n’aurait plus aucune estime d’elle-même, et elle en avait déjà si peu …

La colère dans les yeux d’Ecs’ s’estompait, remplacée par le regard vide de celle qui s’est réfugiée derrière sa carapace. À l’intérieur de la jeune femme se rebâtissait lentement cette armure qu’elle avait arborée si longtemps, mais qui tombait si souvent ces derniers temps. La jeune femme ne pouvait manquer les fissures et les trous qui devenaient de plus en plus flagrants dans sa carapace … Mais le problème, c’est qu’elle ne savait pas si elle devait la laisser s’effondrer, ou tenter de la solidifier.

Ecstasy ne savait plus si elle devait tout faire pour tenter de devenir une personne bien, comme Chelsea ou Ashton, ou creuser davantage sa tombe et s’enfoncer dans sa noirceur.

« Quand tu seras prête, dis-le moi et je vais revenir te voir. On fera quelque chose de drôle ! »

Ecstasy ne s’était même pas rendu compte que son amie s’était éloignée d’elle. Perdue dans ses pensées, elle avait arrêté de faire attention à Chelsea, oubliant quasiment sa présence. Ecs’ regarda son amie. Elle était en train de ramasser les débris de verre qu’Ecstasy avait répandu sur le sol. La belle blonde se fit une fois de plus la réflexion que Chelsea était vraiment une personne bien. Mais cette pensée ne lui fit ni chaud ni froid : qu’est-ce que ça apportait, d’être une personne bien ? Ecstasy avait voulu toute sa vie être entourée de gens biens, devenir une fille bien … mais pourquoi ? Elle avait pourtant été une petite fille très bien, et la vie s'était acharnée sur elle quand même ... Les mots s’échappèrent de sa bouche sans qu’elle y pense.

« À quoi ça sert d’être une personne bien ? »

Elle leva son regard vide sur Chelsea. Elle avait besoin d’une réponse. D’une réponse satisfaisante … parce qu’il n’y avait plus grand-chose qui empêchait la petite fille derrière la carapace de lâcher prise et de s’enfoncer pour de bon dans les ténèbres.

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